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Témoignage : se sortir de la violence conjugale

Jonction 11-17, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 25 novembre 2020

Témoignage : se sortir de la violence conjugale

Violence conjugale et échec du système judiciaire: une femme du Nord de l'Ontario témoigne

Une femme de dos regarde par la fenêtre derrière un rideau.
Depuis le début de la pandémie, la violence domestique s’est accrue et les maisons d’hébergement pour femmes au pays ont constaté une escalade de la gravité de la violence.PHOTO : iStock
Jonction 11-17, ICI Première.
Jonction 11-17Publié le 26 novembre 2020

On la surnomme la pandémie fantôme. Depuis l'apparition de la COVID-19, la violence domestique s'est accrue et les maisons d'hébergement pour femmes au pays ont constaté une escalade de la gravité de la violence. Une femme témoigne de la violence conjugale dont elle s'est sortie et de l'injustice qu'elle dit avoir vécue au sein du système judiciaire ontarien.

Monia (nom fictif) est immigrante et a subi de la violence conjugale. Afin de se protéger, elle et ses enfants trouvent refuge dans une maison d’hébergement de sa ville.

« Avec toute l’émotion, je ne me suis pas sentie bien et j’ai eu des problèmes de santé mentale »

— Une citation de  Monia

Alors que Monia a laissé sa maison, elle perd pied et commence à éprouver des problèmes de santé mentale. Ses enfants sont alors placés en famille d’accueil.

« Il y avait personne autour [de moi] pour s’occuper des enfants »

— Une citation de  Monia

Son conjoint obtient alors la garde des enfants après une enquête de l’aide à l’enfance. Lui était correct, et moi je n’étais plus correct [à cause de mes problèmes de santé mentale], malgré la violence conjugale que j’ai vécue avec lui [...] Pour l’aide à l’enfance, la violence conjugale, c’est entre les parents et ça n’affecte pas les enfants, explique-t-elle.

« J’ai dû me battre contre l’aide à l’enfance et contre mon ex-conjoint »

— Une citation de  Monia

Après un procès à la Cour familiale, Monia obtient la garde partagée, mais doit verser une pension à son mari qui s’élève à la moitié de son salaire pendant 8 ans.

« La policière que j’ai rencontrée m’a dit de ne pas aller au criminel sinon mon agresseur pourrait se retourner contre moi pour l’avoir moi-même agressé, en me défendant. »

— Une citation de  Monia

Découragée de porter plainte à la Cour criminelle par une policière et son avocat, en plus de suivre un procès en Cour familiale, Monia n’arrive pas à faire reconnaître la violence conjugale dont elle a été victime.

Comme je n'avais pas assez de preuves pour aller au criminel, les juges et les avocats ne veulent pas entendre parler de violence [...] on parle que de chiffres: de pension, d’égalisation des biens, de temps de garde..., détaille Monia.

« On veut se sortir de [la violence conjugale], on s’en sort, puis finalement on se prend une bonne claque. On comprend que des femmes retournent avec leurs conjoints si elles n’ont pas les moyens. »

— Une citation de  Monia

Je trouve ça injuste. Parfois, la violence ce ne sont pas des bleus ou de la violence physique… puis ça au niveau du droit de la famille, ils n’en tiennent pas compte, déplore-t-elle.

« J’ai espoir que le système juridique évolue dans le bon sens »

— Une citation de  Monia

Un crime violent sur quatre signalé à la police est un cas de violence conjugale. La majorité de ces actes violents sont pourtant passés sous silence, selon Statistique Canada. (Nouvelle fenêtre)

Si vous êtes victime de violence conjugale et que vous cherchez de l’aide francophone : Fem’aide (Nouvelle fenêtre) est disponible 24/7 : 1-877-336-2433