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Entrevue avec Colombe St-Pierre

Info réveil, ICI Première, Éric Gagnon
Rattrapage du mercredi 27 mai 2020

Entrevue avec Colombe St-Pierre

Un projet-pilote de buvette pour Colombe Saint-Pierre

La cheffe propriétaire du Bic Colombe Saint-Pierre.
La cheffe propriétaire du Bic Colombe Saint-Pierre.PHOTO : Colombe Saint-Pierre (Facebook)
Info réveil, ICI Première, Éric Gagnon
Info-réveilPublié le 27 mai 2020

Campings et ciné-parcs ont été déconfinés par le gouvernement du Québec alors que les restaurateurs attendent toujours leur tour pour rouvrir leur établissement aux clients. Qu'est-ce qui cloche? Éric Gagnon en parle avec la cheffe propriétaire Colombe Saint-Pierre du restaurant Chez Saint-Pierre, situé au Bic. En guise d'alternative, un projet-pilote de buvette à l'extérieur de son restaurant débutera ce samedi. Colombe Saint pierre explique qu'il s'agira d'un parcours d'autonomie alimentaire, soit des plats emporter cuisinés avec des produits locaux tout en restant accessibles, le tout doublé d'activités éducatives culinaires. Elle planche aussi sur un projet avec la Ville de Rimouski.

Colombe Saint-Pierre réfléchit à comment s'adapter aux conditions actuelles tout en construisant la pérennité de son entreprise. Je veux investir dans quelque chose qui va rester, explique-t-elle. Je n'ai pas envie d'investir en plexiglas et en plastique, je trouve qu'au niveau environnemental on viendrait de retomber vingt ans en arrière. Le restaurant seulement, cet été, ce ne serait pas viable sans notre clientèle touristique. C'est pour ça qu'on travaille de concert avec la Ville de Rimouski sur un projet qui nous permettrait de payer le loyer, et qu'on ajoute la petite buvette. Pour aller chercher notre clientèle locale.

La femme d'affaires du Bic a consulté d'autres propriétaires de restaurants indépendants du Bas-Saint-Laurent afin de les représenter dans le cadre d'une rencontre qui a eu lieu le 22 mai dernier entre la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et des intervenants du milieu alimentaire. Le but était de mettre sur pied des mesures sanitaires pour l'ensemble des restaurants du Québec. Mais comment assurer la rentabilité de l'entreprise, avec ces mesures? Elle trouve qu'on demande aux restaurateurs de faire preuve de beaucoup de créativité. On souhaiterait plutôt de la créativité de nos gouvernements, une ouverture, une possibilité de modifier certaines lois en ce qui concerne l'alimentation, soutient-t-elle.

Sacrée cheffe de l'année lors du premier Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise en 2018, Colombe Saint-Pierre aimerait qu'on prenne plus en considération les artisans de la culture culinaire, de la culture au sens large ainsi que la capacité d'innovation des créateurs.

« J'aimerais qu'on réalise que c'est la culture identitaire québécoise qui est affectée principalement dans cette crise-là. J'aimerais que la culture devienne une priorité parce oui, il y a des retombées économiques (dans ce domaine). On a toujours été vus comme des artistes, des marginaux, je parle des restaurateurs indépendants... On a un système qui est stérilisant pour ce choix de vie-là. J'aimerais juste qu'on nous fasse confiance. Il y a seize ans, je suis partie avec trente 35 000 $ et aujourd'hui je génère un chiffre d'affaires de 800 000 $. J'aimerais qu'on réalise que la créativité c'est payant en argent mais aussi en valeur humaine. »

— Une citation de  Colombe Saint-Pierre, cheffe et propriétaire du restaurant Chez Saint-Pierre