Des centres d'aide en difficultés financières


L'actuelle crise des opiacés et la légalisation prochaine du cannabis risquent d'accroître les besoins en financement des ressources dédiées aux personnes ayant une accoutumance. La situation est inquiétante, car certains centres d'aide sont déjà en situation financière précaire ou doivent fermer leurs portes comme c'est le cas pour l'ex-centre Mélaric.
« Avec le financement actuel, nous ne sommes pas équipés pour faire face à ces deux [nouvelles réalités]. Il va falloir s'asseoir avec le ministère de la Santé à l’automne pour essayer de trouver un financement adéquat, autant pour les gros centres [de désintoxication] que pour les petits. »
La légalisation du cannabis, prévue le 1er juillet 2018, pourrait permettre aux organismes de bénéficier d’argent frais pour les traitements, mais aussi pour la prévention, croit Nicolas Bédard, président de la Coalition des organismes communautaires en dépendance.
Ce dernier s’attend à une augmentation du taux de dépendance au cannabis dans les prochaines années.
« Des études produites aux Pays-Bas, lors de la décriminalisation du cannabis dans les années 1970, démontrent qu’il y a eu une augmentation du taux de dépendance qui s’est stabilisé par la suite. [...] On peut s’attendre à quelque chose de semblable au Québec. »
Fermeture de l’ex-centre Mélaric
Le centre de désintoxication Robert Piché-Elphège Roussel, anciennement le centre Mélaric, fermera ses portes dans les prochaines semaines. Il est situé à Saint-André-d’Argenteuil, dans les Laurentides.
« Le centre s’est retrouvé avec 110 lits vides au moment de la réouverture et devait tout repartir à zéro. Je pense que la surcharge financière était immense. »
Nicolas Bédard affirme avoir été bouche bée à l’annonce de la fermeture du centre, mais il ne pense pas qu’il puisse être sauvé.
« L’ampleur de la tâche était ardue et les installations étaient vétustes. Il faudrait [allouer la majorité des] prochains budgets aux centres qui fonctionnent. »

