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Le yoga au temps de #MoiAussi : entre bien-être et dérives

Faites du bruit, ICI Première
Épisode 32 : vendredi 26 avril 2019

Le yoga au temps de #MoiAussi : entre bien-être et dérives

Le pouvoir des professeurs de yoga, avec Laïma A. Gérald

Une professeure de yoga guide une femme dans sa posture d'étirement.
De plus en plus d'élèves admettent avoir éprouvé un malaise suite à des attouchements d'un professeur de yoga, qu'il soit bien intentionné ou pas. PHOTO : iStock
Faites du bruit, ICI Première
Faites du bruitPublié le 27 avril 2019

« Le prof a pris mes chevilles pour que je pousse le mouvement plus loin. C'était une posture impossible à tenir pour moi physiquement, parce ça prend pas mal de force », se remémore Alexandra, qui raconte à Laïma A. Gérald un retour au yoga qui l'a traumatisée, un an après son accouchement.

« Dès qu’il m’a lâchée, je me suis écroulée au sol. Je ne me suis vraiment pas sentie bien, ajoute-t-elle. Je tremblais un peu; ce n’était pas du tout un beau moment pour moi. S’il m’avait au moins demandé si je voulais qu’il me touche pour me replacer, j’aurais dit non. »

Éducation défaillante

Derrière cette anecdote se cache un problème documenté, mais pour lequel peu de solutions ont encore été proposées : le manque de réglementation entourant la formation des professeurs de yoga. Ainsi, certains d’entre eux poussent parfois leurs étudiants et étudiantes à adopter des postures dangereuses pour leur corps.

« Maître tout puissant »

Le yoga est basé sur une philosophie verticale, où l’élève écoute le maître tout puissant – ce qui peut expliquer certaines dérives, dont certaines ont été rapportées par La Presse en avril 2019. (Nouvelle fenêtre)

La chroniqueuse Laïma A. Gérald considère que dans la foulée du mouvement #MoiAussi – à une époque où l’on revisite notre rapport à la hiérarchie, au consentement et à l’intégrité physique –, le yoga devrait lui aussi remettre en question ses pratiques.

Nouvelle approche

De plus en plus de studios de yoga utilisent de petits jetons à déposer sur son tapis, qui indiquent si l’élève souhaite se faire toucher ou pas par l’enseignant. « Il y avait un manque de consentement dans la culture du yoga, souligne Stéphanie Fromentin, du studio Naada Yoga, à Montréal, qui demande l'accord de ses élèves avant de les toucher. Maintenant que le yoga est en Occident, on doit être ouverts et à l’écoute des étudiants. »