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Dr Stanley Vollant : entre le poids du passé et l’espoir du futur

Le chirurgien Stanley Vollant, son bâton à la main, sourit à la caméra.
Stanley Vollant pense que reconstruire la confiance des Autochtones envers entre autres le système de santé prendra encore du temps. PHOTO : Radio-Canada / Christian Côté
Franco Nuovo sourit.
Dessine-moi un matinPublié le 25 septembre 2022

Le chirurgien à l'Hôpital Notre-Dame du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud Stanley Vollant a un rapport particulier à la jeunesse autochtone. Un de ses rêves est, depuis longtemps, de pouvoir l'inspirer et l'amener à se surpasser. À travers le symbole d'un bâton de marche avec lequel beaucoup de jeunes ont connecté, l'Innu de Pessamit, sur la Côte-Nord, a commencé à « collectionner les rêves de ces jeunes-là ».

« Vingt-deux mille personnes ont mis leurs rêves dans mon bâton », précise le chirurgien. Parmi ces rêves, on trouve, souvent et simplement, « l’envie de réussir ».

Le chirurgien témoigne d’un potentiel immense dans la jeunesse autochtone alors que 50 % de la population de cette origine a moins de 20 ans, selon lui.

« C’est tout comme des petites roches noires, mais si on les taille, on en fait des diamants qui vont briller au soleil. »

— Une citation de  Dr Stanley Vollant

Briser les murs de méconnaissance

Stanley Vollant a parcouru le territoire québécois pour aller à la rencontre des jeunes, autochtones ou non, afin de « briser les murs de méconnaissance qui nous séparent », comme il l’explique.

À ses yeux, la jeunesse est primordiale pour réussir à créer des ponts entre les cultures.

« On devrait investir des milliards de dollars dans l’éducation. Une éducation qui est respectueuse de la culture, de la langue. »

— Une citation de  Dr Stanley Vollant

Ce faisant, il a l’intime conviction que cela contribuera à la richesse du pays et du Québec.

Même s’il y a une évolution sur le plan de l'éducation pour les Autochtones, cette dernière reste sous-financée, avec un problème de pauvreté criant dans les milieux de vie.

Les traumatismes du passé

Le chirurgien parle de son passé traumatique avec des parents qui ont vécu dans les pensionnats. Il raconte comment cela a dirigé le reste de leur vie, comme cela a été le cas pour sa mère, qui est tombée dans l’alcool.

Lui-même père de deux enfants, il essaie de faire la paix avec le passé.

« Il nous appartient à tous, Autochtones, d’arrêter le cercle vicieux du traumatisme transgénérationnel, parce qu’on le porte dans notre ADN, dans nos vies. »

— Une citation de  Dr Stanley Vollant

Une ouverture dans les deux sens

« Les Premières Nations, ce n'est pas juste un problème; c’est une grande richesse », dit-il. En invitant les gens à participer aux marches que le chirurgien organise, il souhaite inciter au partage entre les cultures.

Il faut cependant que cette ouverture se fasse dans les deux sens, comme en ce qui concerne une statue de Jacques Cartier se trouvant à Montréal.

« Sur un des côtés, il est écrit : "Il prit possession de ces terres au nom de son roi François Ier et les nomma Nouvelle France". Quelle insulte pour les Premières Nations. »

— Une citation de  Dr Stanley Vollant

Pour décoloniser les relations, Stanley Vollant pense qu’il faut avoir une relation d’égal à égal, et pas « un sur un piédestal et l’autre en bas ».

Le Dr Stanley Vollant en profite pour expliquer ce qu’est la sécurisation culturelle, un concept autochtone néo-zélandais des Maoris. C’est un concept qu’il souhaite intégrer au Canada.