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Des matins en or ICI Première.
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Audio fil du vendredi 13 juillet 2018

Démystifier les opérations autour des feux de forêt

Démystifier les opérations autour des feux de forêt

Publié le 13 juillet 2018
Un avion survolant un lac.
Un avion-citerne survolant un lac où un feu de forêt fait rage.PHOTO : Photo : Ministère des Richesses naturelles et des Forêts

Depuis la fin de semaine dernière, on parle de ces feux de forêt qui font rage dans les secteurs du Témiscamingue et de la Jamésie, plus précisement à Lebel-sur-Quévillon, où l'incendie continue de prendre de l'ampleur et de se propager. D'ailleurs, les efforts se poursuivent pour combattre les incendies du secteur. Des renforts de la Colombie-Britannique sont arrivés jeudi afin de prêter main-forte à leurs collègues de la SOPFEU à Val-d'Or. Mais quelles sont les opérations orchestrées autour de ces incendies de forêt majeurs? Comment déploie-t-on les ressources autour d'un incendie forestier d'une telle ampleur?

Vanessa Limage s’est intéressée à ces questions et en a discuté avec François Lefebvre, conseiller et directeur général sortant à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

Vanessa : M. Lefebvre, vous avez été pompier forestier dans plusieurs secteurs du Québec, dont l’Abitibi-Témiscamingue. Vous avez aussi assuré à peu près toutes les fonctions au sein de la SOPFEU, donc bien placé pour parler de comment ça se passe lorsqu’on est appelé à se rendre sur les lieux d’un feu de forêt?

« On essaie principalement de s’attaquer aux incendies lorsqu’ils sont le plus petit possible. Par contre, avec les conditions météo qu’on connaît en ce moment, depuis quelques semaines il fait très beau et le feu se développe très rapidement. La problématique qu’on a présentement, ce sont les feux de foudre. La foudre arrive souvent en grappe, donc lorsque le feu prend de l’ampleur comme celui à Lebel-sur-Quévillon, à ce moment ce sont des interventions dites un peu plus ponctuelles que l’on peut faire, parce que l’intensité du feu va développer à la tête de l’incendie. Il y a des conditions où ça devient difficile de contenir le feu à la tête de l’incendie donc on va faire des attaques ponctuelles plutôt que continues ».

Vanessa : Comment on combat un feu de forêt? Quelle sont les opérations déployées?

« Les opérations vont aller de l’utilisation de l’avion-citerne qui va travailler sur les flammes les plus actives. Les équipes au sol vont entrer soit par hélicoptère lorsqu’il n’y a pas d’accès en bordure des feux, ce qui est souvent le cas, ou encore peuvent entrer en véhicule. Les équipes au sol travaillent avec des outils manuels, notamment à l’aide de pompes portatives installées sur le bord des ruisseaux, des lacs, ou encore avec des hache ou des pics, pour être capable de circonscrire les flammes. »

L’aide extérieure comprend aussi des pompiers qui combattent directement au sol les feux de forêt.

Ministère des Richesses naturelles et des Forêts

Vanessa : Qu’est-ce qui peut compliquer les opérations?

« Les feux qui brûlent en profondeur, comme en ce moment à Lebel. Ça prend beaucoup plus d’efforts et plus d’eau pour être capable d’aller éteindre les brasiers et les tisons qui peuvent se retrouver jusqu’à deux à trois pieds de profondeur.

Ce qui va compliquer les opérations, c’est le comportement du feu, mais aussi la visibilité qu’on peut avoir. Sur le feu de Lebel-sur-Quévillon, la difficulté qu’on avait jeudi était que la fumée demeurait au sol. Dans ce genre de situation, on ne peut pas s’approcher de l’incendie en hélicoptère parce que la visibilité est trop faible. Les secteurs sont ainsi plus difficiles d’accès. La topographie d’un secteur peut aussi être un handicap puisque ça peut ralentir la progression des équipes au sol. »

Des pompiers du Nouveau-Brunswick qui combattent un feu de forêt près de Welsford en juin 2017.

Radio-Canada

Vanessa : À quel moment on décide d’appeler des renforts sur le terrain, lors d’un incendie?

« Les renforts vont être appelés en amont. Il y a des prévisions météorologiques qui nous permettent d’anticiper des situations donc on va appeler des équipes en avance. En ce moment, nous avons 300 combattants qui viennent de l’extérieur, qui s’ajoutent à nos 800 combattants qu’on a ici au Québec. On va appeler toutes ces ressources lorsque la situation s’amplifie. Ces décisions sont prises à l’avance en raison du temps de mobilisation des ressources. »