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Le manque de logements est plus qu'imposant au Québec

Des matins en or ICI Première.
Rattrapage du mercredi 22 juin 2022

Le manque de logements est plus qu'imposant au Québec

Le manque de logements frappe fort en Abitibi-Témiscamingue et à Rouyn-Noranda

Sur un balcon est apposée une affiche déchirée de logement à louer.
Même si des milliards de dollars fédéraux sont investis en logement, il est toujours difficile de trouver un loyer abordable.PHOTO : Radio-Canada / Ivanoh Demers
Des matins en or ICI Première.
Des matins en orPublié le 22 juin 2022

À une semaine de la grande journée du déménagement au Québec, il manquerait 100 000 habitations à la grandeur de la province, selon une étude de l'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec.

Cette situation provoque une crise du logement et l’Abitibi-Témiscamingue est l’une des régions les plus touchées au Québec, avec un taux d’inoccupation inférieur à 3 %. Comment faire pour rétablir un certain équilibre? Quel impact une telle situation provoque-t-elle chez nous?

Selon Véronique Laflamme, du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), cette situation amène des difficultés importantes pour les ménages de se reloger, que ce soit pour des couples qui se séparent, des jeunes qui emménagent pour la première fois, des gens victimes d’éviction ou d’autres qui cherchent à améliorer leur sort, par exemple.

« Ces gens ne réussissent carrément pas à trouver. C’est vraiment ce que l’on constate à quelques jours du 1er juillet dans plusieurs municipalités. Des gens sont complètement désespérés parce que se trouver un logement, quand il n’y en a pas, ça veut dire faire des pieds et des mains pour en trouver un, s’éloigner, changer les enfants d’école, payer beaucoup plus cher que ce qu’on a les moyens de payer. Des gens n’y arrivent pas, ce qui fait en sorte que depuis deux ans, de plus en plus de ménages se retrouvent sans bail le 1er juillet », explique Mme Laflamme.

Taux d'inoccupation record et évictions

En Abitibi-Témiscamingue, on a l’impression que ça fait une vingtaine d’années que l’on parle de crise du logement. « Le taux d’inoccupation est bas depuis quelques années, mais on ne peut pas parler de pénurie de logements locatifs de façon continue depuis 20 ans en Abitibi-Témiscamingue. Cependant, à Rouyn-Noranda par exemple, on a actuellement le plus bas d’inoccupation jamais atteint, à 0,3 %. C’est sûr que lorsqu’on frôle le 0, la situation est particulièrement dramatique », souligne Véronique Laflamme.

Pour écouler l'entrevue complète, cliquez sur l'audiofil.

Par contre, ce n’est pas seulement cette année que des difficultés sont constatées, rappelle Mme Laflamme. « On le voit depuis quelques années, la rareté amène une pression sur le prix des logements et la spéculation immobilière entraîne une pression supplémentaire. Ce qu’on voit, c’est qu’il y a vraiment une hausse importante du coût des logements dans la région, notamment parce que des employeurs, entre autres, décident de réserver des maisons, louer des logements, pour les travailleurs qui font du ‘’fly in fly out’’. Et certains propriétaires savent qu’il y a plus d’argent à faire avec ça, mentionne Véronique Laflamme.

« On a vu, dans la région, des locataires se faire évincer pour des raisons qui ne seraient pas acceptables normalement, afin de pouvoir augmenter les prix. Dans des petites régions, des locataires vont craindre des propriétaires et vont finalement accepter de quitter et ne réussissent pas à se trouver un autre logement. Tout ça contribue au fait qu’actuellement, c’est très difficile de trouver un logement que la moyenne des locataires est capable de payer », fait-elle remarquer.

Longue liste d'attente

Mme Laflamme indique que le FRAPRU constate depuis quelques années déjà les effets du développement économique sur la crise du logement et aussi sur les ménages locataires à faibles et modestes revenus, qui ne bénéficient pas du boom économique.

« Pour ces personnes, la crise du logement est particulièrement dramatique, souligne-t-elle. Il manque un nombre important d’habitations à loyer modique au Québec. En Abitibi, on parle de plus de 300 ménages qui sont sur une liste d’attente, souvent depuis des années, sans parler des autres ménages qui ne sont pas assez pauvres pour avoir accès à une habitation à loyer modique mais qui pourraient avoir accès à une autre forme de logement social si on les finançait. »