•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Début du contenu

Le code vestimentaire à l'école étudié dans un mémoire

Des matins en or ICI Première.
Rattrapage du mardi 24 mai 2022

Le code vestimentaire à l'école étudié dans un mémoire

Le code vestimentaire à l’école : les vêtements féminins davantage visés

Deux jeunes filles portent des pantalons trop courts.
Selon Rose Moisan-Paquet, étudiante au doctorat en sociologie de l’Université Laval, il existe une iniquité dans les règles des codes vestimentaires.PHOTO : Radio-Canada / Angie Bonenfant
Des matins en or ICI Première.
Des matins en orPublié le 24 mai 2022

Quels messages les codes vestimentaires à l'école envoient-ils aux jeunes filles?

Rose Moisan-Paquet, étudiante au doctorat en sociologie de l’Université Laval, s’est intéressée de près aux codes vestimentaires dans son mémoire de maîtrise en sociologie intitulé “Expériences et perceptions des filles à l’égard des codes vestimentaires des écoles secondaires publiques québécoises”.

J’ai regardé les contenus de sept codes vestimentaires d’écoles publiques francophones québécoises. On se rend vite compte que c’est très homogène, que c’est vraiment les mêmes règles qui reviennent et ces règles-là souvent ce qu’elles visent, c’est les vêtements plus courts, la largeur de bretelles des camisoles, le port du legging, la superposition des vêtements du haut et du bas du corps, explique-t-elle.

Mme Moisan-Paquet est d’avis qu’il existe une iniquité dans les règles des codes vestimentaires.

Quand on s’attarde vraiment à ces règles-là, on se rend compte que ce sont les vêtements qui sont jugés typiquement féminins, entre guillemets, qui sont visés par le code vestimentaire scolaire. C’est la même chose lorsque les politiques vont formuler des règles qui visent plutôt les parties du corps, donc quand on dit qu’on ne doit pas voir les épaules, qu’on doit avoir une superficie de cuisse acceptable, ça revient à politiser le corps des filles, affirme-t-elle.

Toujours selon Mme Moisan-Paquet, les règles des codes vestimentaires ne se basent pas sur des données objectives.

Tout ça est clairement subjectif. Oui, il y a des règles qui vont vraiment venir dire c’est quoi la superficie de peau acceptable, que ce soit une camisole à trois doigts de largeur ou une jupe à une paume de main en haut du genou. Il va y avoir des règles qui vont être très très précises comme ça, parfois même jusqu’en centimètres, mais il va aussi y avoir des codes vestimentaires qui vont formuler des prescriptions très très vagues, comme des vêtements décents et propres, rapporte-t-elle.

« Qu’est-ce que sont des vêtements décents et propres? Cette compréhension-là est un processus subjectif en soi. Ce n’est pas tout le monde qui va avoir la même compréhension de ce que ces règles-là dictent. »

— Une citation de  Rose Moisan-Paquet

Plusieurs facteurs peuvent également teinter l’interprétation des règles contenues dans les codes vestimentaires, selon l’étudiante au doctorat.

Un vêtement décent et propre ou un vêtement convenable, ce n’est pas la même chose pour le personnel enseignant et les élèves et cette compréhension est manifestement teintée des barrières de genre, mais aussi de classe et de race. Ce ne sont vraiment pas des prescriptions qui sont neutres, souligne-t-elle.