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Un long parcours pour offrir du boeuf local sur les tablettes

Des matins en or ICI Première.
Rattrapage du jeudi 25 novembre 2021

Un long parcours pour offrir du boeuf local sur les tablettes

1364 kilomètres de route pour vendre son boeuf à 15 kilomètres de sa ferme

Pierre-Luc Létourneau, sa conjointe, leurs trois enfants et un chien posent près de la pancarte annonçant la ferme Adjulo.
La ferme Adjulo est située à Dupuy en Abitibi-Ouest.PHOTO : Gracieuseté
Des matins en or ICI Première.
Des matins en orPublié le 25 novembre 2021

Produire de la viande élevée localement et à un prix raisonnable, c'est ce que veut le propriétaire de la ferme Adjulo à Dupuy. Un souhait toutefois difficile à réaliser rapidement et à peu de frais puisque l'Abitibi-Témiscamingue n'a pas d'abattoir régional.

Pour vendre ses produits, le producteur de bœuf, Pierre-Luc Létourneau collabore avec les propriétaires de la Boucherie du Brack, située à une dizaine de kilomètres de chez lui. Ses bêtes élevées en Abitibi-Ouest doivent toutefois parcourir des centaines de kilomètres pour se rendre à l’abattoir de Terrebonne. Un non-sens pour les entrepreneurs.

« Ça n’a vraiment pas d’allure. Il n’est pas débité là-bas. Il est juste abattu et rapporté ici. En tout, c’est 432 dollars que ça coûte de transport et 1364 kilomètres que l’animal fait juste pour aller se faire abattre et revenir »

— Une citation de  Pierre-Luc Létourneau

La copropriétaire de la Boucherie du Brack de La Sarre déplore aussi la complexité du processus. Fanny Dupras veut sensibiliser la population à cet enjeu et valoriser toutes les pièces du bœuf.

Un jeune couple pose bras dessus, bras dessous, souriant.

Jonathan Branconnier et Fanny Dupras-Rossier, copropriétaires de la Boucherie du Brack à La Sarre

Archives

Le boeuf Angus de la ferme Adjulo sera vendu du 1er au 3 décembre à la Boucherie du Brack.

Ces journées-là, dit-elle, il va seulement avoir ça dans mon comptoir pour vraiment faire comprendre aux gens toutes les pièces qu’il y a. Que quand tu arrives et que tu as envie de manger un steak français et qu’il n’y en a plus, je vais peut-être essayer de te proposer autre chose. Ces trois jours-là, ce sera vraiment pour sensibiliser.

Le manque d'abattoirs dans la région est dénoncé depuis de nombreuses années. À Rouyn-Noranda, la Boucherie des Praz annonçait en décembre 2020 la construction d’un abattoir.

Oui il y a l’abattoir des Praz. De bons amis à nous aussi, mais ce qu’ils ont c’est un abattoir de proximité. Un abattoir de proximité peut abattre des animaux qu’eux vont vendre dans leur boucherie ou dans leur centre de vente. [...] Ils ont un projet de devenir un abattoir provincial, ils travaillent encore là-dessus, j’en ai reparlé avec Sylvain hier, mais ce n’est pas évident, affirme Pierre-Luc Létourneau.

Il explore lui aussi d'autres avenues.

C’est un premier essai et on verra pour la suite, précise-t-il. On a peut-être une demande d’ouverture du côté du MAPAQ : “est-ce que l'abattage à la ferme serait une solution?

Dans la région, on n’a pas la même réalité qu’au centre et je pense que les régions auraient peut-être le droit à une dérogation par rapport aux lois qui compliquent énormément les choses, ajoute Fanny Dupras.