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Le travail des déneigeurs en quelques questions

Des matins en or ICI Première.
Rattrapage du mardi 23 novembre 2021

Le travail des déneigeurs en quelques questions

Le travail des déneigeurs du ministère des Transports en huit questions

Un camion de déneigement rempli de sel près d'un garage municipal.
La première étape est de remplir la déneigeuse de sel avant de prendre la route.PHOTO : Radio-Canada / Emily Blais
Des matins en or ICI Première.
Des matins en orPublié le 23 novembre 2021

Le travail des déneigeurs a débuté en Abitibi-Témiscamingue. Avec les premières bordées de neige, les automobilistes espèrent rouler sur des routes dégagées sans toutefois avoir à les croiser. Le porte-parole du ministère des Transports, Gilles Payer, répond aux questions de l'animateur David Chabot sur le métier.

Quel est le profil type des opérateurs derrière le volant?

Gilles Payer : Ce sont évidemment du personnel spécialisé, des détenteurs de permis classe 1, 2 et 3 avec un cours spécialisé en machinerie lourde et qui ont de l’expérience. D’ailleurs le ministère recrute en continu. Ça prend une vocation de service public aussi. Il y a des formations. À partir du moment où la personne travaille pour le ministère, il y a une formation sur route, des exercices de déneigement avant la saison. Il y a un questionnaire pour vérifier si tout est bien assimilé. Il y a des rondes de sécurité à faire, des heures de conduite, de repas. Tout ça est un grand tout qui fait que c’est une job spécialisée comme on dit. On ne manque pas de personnel. On doit être en fonction 24/7. Il faut savoir que le ministère assume en Abitibi[-Témiscamingue] environ 16 % du déneigement. Le reste est assumé par des gens à contrat ou des ententes avec des municipalités qui ont aussi bien sûr l’équipement et le personnel.

Donc les routes principales comme la route 117, la transcanadienne, le ministère est sur ces routes là?

G.P. : Règle générale, le ministère assume ce qu’on appelle le réseau stratégique, donc les routes qui sont très très importantes avec beaucoup de monde dessus. La sécurité n’est évidemment jamais un compromis sur n’importe quelle route, mais le ministère se garde des routes qui sont à proximité de ses centres de services. On en a à Val-d’Or, à Ville-Marie, à Rouyn-Noranda, à Amos alors forcément c’est une question de géographie. On n’envoie pas une charrue à 100 kilomètres pour faire un travail. Il faut avoir une proximité du quartier général, on va dire ça comme ça.

Est-ce surtout des hommes? Je vois des femmes aussi, mais avez-vous une idée de la proportion?

G.P. : Si vous croisez des femmes c’est parce que vous êtes trop proche du camion monsieur Chabot! (rires) Effectivement, c’est un métier qui est principalement masculin par habitude, mais il y a des conductrices de chasse-neige.

La pelle d'une déneigeuse en gros plan, tout près du bord de la route.

Il n'est pas rare que la déneigeuse soit à la limite de la bordure de la route en raison de sa largeur.

Radio-Canada / Emily Blais

Vous avez parlé d’être trop près du camion, j’imagine que c’est quelque chose qui agace les opérateurs?

G.P. : C’est parce que c’est dangereux. Quand je parle à des gens qui font du déneigement, la chose qui les préoccupe le plus c’est évidemment de bien faire leur travail, mais il faut que ce soit sécuritaire pour tout le monde. Les gens sont impatients derrière la déneigeuse. On peut comprendre, ils ne peuvent pas rouler vite par souci de sécurité et d’un travail bien fait. Ce serait dangereux d’envoyer la neige trop loin et d’envoyer le sel dans le fossé et d’asperger les véhicules qui viennent en sens inverse, etc. Quand on dépasse une déneigeuse, c’est périlleux. Évidemment, vous arrivez dans une place qui n’est pas déblayée par définition, si vous allez au-devant de la déneigeuse. Alors prenez votre mal en patience, tenez-vous loin derrière parce qu’il y a beaucoup d’angles morts dans ces camions-là. Si vous montez à bord d’un camion comme ça, c’est étourdissant, c’est vertigineux la hauteur que vous avez. Quand vous déployez la pelle de côté, il y a deux pelles sur la déneigeuse, c’est comme si vous conduisez deux voitures de larges. C’est quelque chose. Ça prend beaucoup d’attention et en plus vous manipulez un épandeur de sel ou d’abrasif. Vous êtes multitâches quand vous êtes au volant. C’est un peu comme conduire un avion.

J’imagine que les conditions météorologiques variantes peuvent affecter le travail, mais est-ce qu’il y a un certain barème de qualité que vous attendez de vos opérateurs?

G.P. : En Abitibi, on a presque 3000 kilomètres de route à entretenir. Évidemment on passe plus d’une fois quand il neige. On passe tant qu’il neige. L’exigence c’est que la route soit sécuritaire. Il faut comprendre qu’une petite route avec peu de gens qui y passe chaque jour, on n’ira pas la gratter à quatre pattes jusqu’à l’asphalte. Grosso modo en Abitibi, il faut que près de 19 % des routes soient dégagées. Il faut que 50 % des routes soient partiellement dégagées. Ce qu’on entend par partiellement dégagé c’est que vous avez au moins une roue du véhicule qui roule sur l’asphalte. Et environ 32 % c’est sur fond de neige durcie. C’est sécuritaire, on met de l’abrasif là-dessus et évidemment ce ne sont pas des routes où on roule à 100 kilomètres/heure c’est clair.

Quelle est la quantité utilisée du sel et du sable en hiver en Abitibi-Témiscamingue?

G.P. : 40 000 tonnes de sel. 90 000 tonnes de sable. On a 90 camions pour faire le travail. À moins 12 degrés et plus bas, le sel est moins efficace alors on fait un mélange des deux. Quand il fait en bas de moins 20 degrés on y va avec le gravier, le sable, etc. Pour le sel, il faut qu’il fasse moins 12, moins 15 degrés en montant et qu’il fasse beau, etc.

Combien ça coûte pour une saison en Abitibi-Témiscamingue?

G.P. : 23 millions de dollars pour l'entretien général des routes. À l’échelle provinciale, on est dans le 330 millions de dollars. C’est l’hiver, c’est le Québec! (rires)

Est-ce que la pénurie de main-d'œuvre vous touche aussi?

G.P. : On recrute en continu. Si vous allez sur le site de Transports Québec, en haut à droite vous avez une section Emplois. La première offre présentée ce sont des postes de chauffeurs et de conductrices occasionnels de chasse-neige. Les critères sont là. C’est 22,48 dollars de l’heure avec une compensation pour les avantages sociaux qui ne sont pas versés. On explique le genre d’horaire. On travaille cinq jours, on est en congé quatre jours. On alterne. On fait des quarts de douze heures quand il neige et tout ça. On a même des retraités qui viennent nous aider de temps en temps. Ça fait leur affaire de venir travailler un petit peu. Au pire, on peut aller chercher du personnel dans le privé. Si on a encore un problème, on a des gens qui changent des fois de régions, qui viennent faire trois ou quatre jours en Abitibi et qui retournent chez eux après.

Cette entrevue a été révisée et condensée pour plus de clarté.