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Expédition AKOR, l'équipe en isolement

Des matins en or ICI Première.
Rattrapage du jeudi 4 mars 2021

Expédition AKOR, l'équipe en isolement

Jacob Racine et les membres de l'Expédition AKOR en isolement à quelques jours du départ

Trois hommes en ski de fond dans une tempête de neige.
Les membres de l'expédition tenteront de faire la plus longue traversée du Canada dans un axe nord-sud jamais tentée.PHOTO : Facebook/Expédition AKOR
Des matins en or ICI Première.
Des matins en orPublié le 4 mars 2021

À une dizaine de jours du grand départ, les membres de l'Expédition AKOR sont en isolement afin de compléter une quarantaine avant leur départ. Les aventuriers, dont fait partie l'Abitibien d'origine Jacob Racine, tenteront de réaliser la plus grande traversée du Canada dans un axe nord-sud jamais tentée.

Un ambitieux voyage de 7600 km sur une durée de 7 mois qui débutera le 15 mars. On est à Ottawa dans des chambres d'hôtel. C'est une procédure que le Nunavut a mise en place pour protéger sa population de la COVID-19, c'est le moyen qu'ils ont déterminé pour s'assurer que le virus ne rentre pas sur leur territoire, étant donné que leur population est tellement dispersée sur un immense territoire et qu'il n'y a pas beaucoup d'accès aux hôpitaux, indique Jacob Racine, qui a débuté son isolement il y a quelques jours.

Les membres de l'expédition sont donc confinés dans leur chambre et reçoivent leurs repas à la porte. Une quarantaine qui permet également d'éviter qu'un membre de l'équipe tombe malade en début d'expédition. Ça nous obligerait de mettre tout ça sur pause et de devoir reporter le départ, ce qui serait pour nous quelque chose de vraiment impensable, confirme l'aventurier.

C'est que le voyage sera divisé en trois grandes sections, soit le ski, le canot et le vélo. La transition entre ces sports-là doit se faire dans des temps de transition de saisons également, donc on ne pourrait pas retarder indéfiniment le départ de l'expédition, parce qu'on se retrouverait à skier dans des zones où la banquise serait en train de dégeler. On se doit de nous protéger nous-mêmes et de partir à la date prévue, souligne-t-il.

Jacob Racine photographié devant un paysage hivernale.

L'aventurier Jacob Racine a déjà relié Montréal et Kuujjuaq en ski de fond, foulé la terre de Baffin, dérivé sur les glaces du fleuve Saint-Laurent et atteint le centre de l'Amérique du Sud en radeau

Radio-Canada / Isabelle Larose

Jacob Racine ne sera pas du voyage complet, mais fera partie de la portion ski de l'expédition. Nicolas et Guillaume sont les deux instigateurs de l'aventure. Ce sont vraiment eux qui ont eu l'idée et qui ont créé l'expédition de A à Z. Au départ, il y avait deux autres partenaires qui ont dû se désister, et étant donné que la première partie avait déjà été réfléchie et organisée à trois, ils m'ont contacté en juin dernier pour me demander si je voulais me joindre à eux pour cette section-là, ce que j'ai accepté, parce que moi, le nord, le froid, les grands espaces, c'est ma partie préférée, c'est ce que j'aime le plus dans les aventures, explique-t-il.

Les 1600 premiers kilomètres sur la banquise seront donc réalisés à trois, puis Jacob Racine quittera l'aventure, où deux autres partenaires se joindront aux instigateurs pour la portion canot. D'autres aventuriers les rejoindront pour la portion vélo. Jacob Racine devrait donc passer trois mois à skier avec ses deux partenaires. Je devrais être de retour à la maison autour du 8 juin, dit-il.

Il est d'ailleurs impatient de partir, d'autant plus qu'il doit maintenant patienter deux semaines dans une chambre d'hôtel. Honnêtement, toute l'expédition était organisée, il ne restait qu'à partir. Le sentiment que j'ai, c'est d'être comme un cheval dans un box de départ d'une course et d'apprendre que le départ est retardé de deux semaines, mais de devoir toujours rester dans le box de départ!, image-t-il.

La période d'isolement permet aussi aux partenaires de consolider leurs rôles respectifs au sein de l'expédition. Étant donné qu'il y a présence d'ours polaires sur la banquise, ça nous permet de déterminer une espèce de protocole en cas d'intrusion d'ours durant la nuit. Qui fait quoi, comment, à quel moment, pour ne pas qu'on devienne juste des poules pas de tête dans la tente quand ça va arriver, fait-il remarquer.

Un volet scientifique s'ajoute aussi à l'expédition. Il y a deux volets scientifiques rattachés à l'aventure. Le premier volet, c'est celui du corps humain. Comment le corps humain réagit dans un contexte de froid intense sur une longue période de temps et comment le sommeil est affecté par cette situation-là. Étant donné qu'on a énormément de nourriture à ingérer pour s'assurer que notre corps produise la chaleur nécessaire pour nous garder en vie tout au long de l'expédition, cette quantité de nourriture là, on n'est pas nécessairement habitué de l'ingérer, donc ça vient influencer notre sommeil et la façon qu'on assimile les nutriments. Tout ça est pris en note dans un programme qu'on a dans notre téléphone intelligent [grâce à une montre], spécifie-t-il.

Un deuxième volet touche l'environnement. Guillaume est doctorant en génie forestier. Lorsqu'ils vont arriver dans la partie plus au sud, à la limite de la forêt boréale, il va prendre des échantillons d'arbres, d'épinettes, pour déterminer comment les changements climatiques, qui sont extrêmement importants dans cette zone-là du Canada, affectent la croissance des arbres. Il va ramener ça pour pouvoir éventuellement mettre en place des systèmes dans le sud qui vont permettre aux arbres de faire face à ces changements-là, ajoute Jacob Racine.

L'équipe Des matins en or prendra des nouvelles de Jacob Racine et de l'expédition AKOR aux deux semaines.