•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

L'engouement pour les VUS est toujours bien présent au Québec

Des matins en or ICI Première.
Rattrapage du lundi 1 février 2021

L'engouement pour les VUS est toujours bien présent au Québec

L'engouement pour les VUS est toujours bien présent au Québec

Faire le plein d'essence dans une station-service.
Une personne fait le plein d'essence de son véhicule utilitaire sport.PHOTO : Reuters / DANIEL BECERRIL
Des matins en or ICI Première.
Des matins en orPublié le 1 février 2021

Bien que le Québec se targue de promouvoir la lutte contre la crise climatique et d'avoir bien entamé le virage vers l'électrification des transports, les Québécois sont toujours aussi friands de véhicules énergivores. Plus que jamais, les véhicules utilitaires sport sont les préférés des Québécois.

Entre 2010 et 2019, le nombre d'automobiles utilisées pour l'usage personnel a augmenté de 9 % en Abitibi-Témiscamingue. La région se classe au deuxième rang au Québec pour le plus grand nombre de véhicules par habitant.

Plusieurs facteurs, comme l'étendue du territoire, les conditions hivernales et le faible développement des réseaux de transport en commun peuvent expliquer le phénomène dans une région comme l'Abitibi-Témiscamingue. Mais comment se fait-il qu'au Québec, on continue de bouder les petits véhicules peu énergivores?

Il faut dire effectivement que le gouvernement du Québec a fait beaucoup d'efforts pour essayer de promouvoir l'électrification, mais évidemment, ça ne donne pas nécessairement les résultats escomptés, confirme Samuel Lessard, journaliste automobile et collaborateur de l'émission RPM.

De la façon dont je vois ça, c'est que les véhicules électriques qui sont actuellement proposés sont essentiellement de petites voitures, vendues relativement chères malgré la disponibilité des rabais gouvernementaux à la hauteur de 13 000 $. On remarque que les gens veulent beaucoup des VUS, des véhicules plus hauts, à quatre roues motrices, ajoute M. Lessard.

Les gens semblent prioriser beaucoup le confort, la facilité de circuler dans n'importe quelle condition et d'autres critères au détriment de l'environnement, analyse-t-il. De plus, les véhicules électriques détenant ces caractéristiques sont à peu près inexistants, souligne-t-il.

Le même genre de phénomène s'observe aujourd'hui dans les grands centres. La popularité des VUS et des camions n'est pas seulement attribuable aux régions, appuie Samuel Lessard. Il faut dire que l'essentiel des véhicules vendus au Québec ce sont des camions et des VUS, peu importe qu'on soit en ville [ou en région].

Il estime que pour un prix semblable, les automobilistes préfèrent avoir un gros véhicule à essence qu'un petit véhicule électrique. Payer 45 000 $ pour une voiture alors qu'on peut avoir un VUS plus gros, mieux équipé, la consommation de carburant passe au second plan, remarque-t-il.

La charge de transport d'une camionnette peut également expliquer leur engouement en Abitibi-Témiscamingue, alors qu'elle peut servir à transporter la motoneige ou le VTT, par exemple. Mais Samuel Lessard croit que c'est vraiment la sensation de sécurité sur la route, notamment l'hiver, qui pèse davantage dans la balance.

Samuel Lessard pose accroupi à côté d'une voiture.

Le journaliste automobile natif du Témiscamingue Samuel Lessard

Facebook/Samuel Lessard - Journaliste automobile

On reçoit beaucoup de questions de la part des téléspectateurs et des lecteurs de notre site web et c'est vraiment la préoccupation qui revient le plus souvent, d'avoir un véhicule dans lequel on est confortable, on est assis haut, on se sent en sécurité, etc. Ça colle peut-être un peu moins dans la perception des gens, du moins avec un petit véhicule électrique, remarque-t-il.

Comment arriver à entamer la transition vers les transports électriques tout en offrant ce confort aux automobilistes? "Il y a plusieurs éléments", croit Samuel Lessard.

Premièrement, il y a le consommateur qui va devoir regarder au-delà de ses perceptions premières, de ses préoccupations pour constater qu'un véhicule électrique, ça peut faire l'affaire et que ça peut très bien s'adapter à plusieurs modes de vie, commence-t-il.

D'un autre côté, il y a les constructeurs automobiles qui vont devoir proposer davantage de véhicules. Si les gens sont friands de VUS compacts, ça va prendre des VUS compacts électriques pour répondre aux besoins des gens. Avec le temps, on va voir des prix qui vont être plus bas, ce qui va inciter les gens à adopter le véhicule électrique, ajoute Samuel Lessard.