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Dans la mosaïque, ICI Première.
Dans la mosaïque, ICI Première.
Rattrapage du mercredi 7 avril 2021

Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994

Le général Dallaire toujours déçu par l'inaction de la communauté internationale

Publié le 8 avril 2021
Roméo Dallaire lors d'une entrevue.
Le lieutenant-général à la retraite, Roméo Dallaire.PHOTO : Sinisa Jolic/CBC

Le lieutenant général à la retraite Roméo Dallaire n'est pas tendre envers la communauté internationale encore aujourd'hui, 27 ans après le génocide rwandais qui a tué plus de 800 000 personnes en 1994.

M. Dallaire estime que les atrocités commises en 1994, pour lesquelles les Rwandais ont payé le prix fort, devaient être une occasion pour la communauté internationale d’apprendre et de comprendre comment éviter que de telles exactions ne se reproduisent.

« Ce que je ressens maintenant, c’est une rage - et je choisis le terme - contre la communauté internationale qui, après avoir vu et appris les leçons, a œuvré à faire toutes sortes de lois et de règlements et de contraintes au point de vue légal […] . L'élite politique n’a pas le courage de [les] mettre en application [aujourd’hui]. »

—  Roméo Dallaire, lieutenant général à la retraite

Il évoque le sort réservé aux Ouïghours en Chine, les violences au Myanmar, les conflits en Syrie et dénonce l’incapacité de la communauté internationale à intervenir auprès des populations vulnérables.

On n’a presque rien appris, on joue avec les vies de gens qui, semble-t-il, sont moins humains que nous, ajoute-t-il. On accepte que [la vie de] ces gens-là puisse être détruite sans vraiment vouloir pleinement intervenir pour les sauver.

Il reproche à la communauté internationale d’avoir abandonné les Rwandais à leur sort à l’époque et dénonce le fait que certains pays puissent faire une lecture différente de celle qui a été reconnue par l’ONU et les tribunaux internationaux, c’est-à-dire, qu’un génocide a été perpétré à l’époque.

Le sang repose sur les mains des 192 pays à ce moment qui ont abandonné les Rwandais et ce sang continue à être présent sur les mains des élites politiques qui ont refusé de mettre l’effort là-bas., affirme le général à la retraite qui déplore le manque de courage fondamental de la part des pays qui ont les moyens d’intervenir pour faire cesser des violences et des abus ailleurs dans le monde.

Aujourd’hui, on voit en temps réel des gens qui se font abuser […], mais on n’a pas la volonté d’intervenir, indique-t-il.

En cette Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, le général à la retraite souhaite que l’on réfléchisse au fait que tous les humains ont une valeur égale et que les pays qui ont les moyens de s’impliquer ont la responsabilité de le faire.