•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Night Raiders : angoisses d’un futur dystopique sur les Prairies

Le personnage de Waseese, visage à demi couvert par un bandeau, et celui de sa mère, Niska, regardent vers le ciel, leurs yeux sont remplis de désespoir.
Le personnage de Waseese est joué par Brooklyn Letexier-Hart et celui de sa mère, Niska, est interprété par la comédienne Elle-Máijá Tailfeathers.PHOTO : Danis Goulet
Culture et confiture, ICI Première.
Culture et confiturePublié le 9 octobre 2021

Dans un futur pas si lointain, le gouvernement enlève les enfants à leurs familles et les place dans des camps d'éducation forcée : c'est la prémisse du premier long métrage de la réalisatrice autochtone Danis Goulet. Un thriller futuriste à propos des pensionnats pour Autochtones.

« Je voulais raconter une histoire à propos des politiques coloniales sur la vie des autochtones. »

—  Danis Goulet, réalisatrice

Night Raiders se déroule après une guerre, dans un pays qui ressemble beaucoup au Canada. Les militaires ont pris le contrôle de la société, qu’ils dirigent sous la bannière Un pays, une langue, un drapeau.

Niska et Waseese, une mère autochtone et son enfant, vivent en marge de ce monde. Mais les choses vont de mal en pis quand la jeune fille tombe dans les rouages de la junte.

Un univers angoissant et oppressif, qui rappelle Children of Men d’Alfonso Cuaron ou La servante écarlate de Margaret Atwood.

Le personnage de Waseese (joué par Brooklyn Letexier-Hart) est assise sur un lit, à l’intérieur une cage, surveillée par une gouvernante (Suzanne Cyr) dans le film Night Raiders.

Night Raiders fait largement référence aux pensionnats pour autochtones.

Christos Kalohoridis


De nombreuses références aux prairies

Même si le film a été tourné en Ontario, les origines saskatchewanaises de Danis Goulet y transpirent. Les personnages font plusieurs fois écho à un endroit vers où fuir nommé Mistaseni. Une référence à un lieu près de La Ronge, d'où est originaire Danis Goulet. Elle explique qu’il s’agit aussi d’un énorme rocher vénéré par les Premières Nations. Un lieu qui a été dynamité en 1966 après la construction d’un barrage, un geste que la cinéaste a gardé en tête.

« Ce rocher signifiait beaucoup pour la communauté, sa destruction était un acte colonial. »

—  Danis Goulet, réalisatrice

Le film est ainsi truffé de toponymes, une façon pour Danis Goulet d’honorer ses terres ancestrales. Il y a si peu de films sur la Saskatchewan, ça permet aux spectateurs de se dire : "Hé, c'est à propos de nous", explique-t-elle.

L'activisme comme inspiration

J'ai été très inspirée par le mouvement Idle No More, qui a été initié par quatre femmes des Prairies, explique la réalisatrice. C'était une déclaration pour demander la justice et le changement. C'est ce qui m'a poussée à faire de Night Raiders une histoire de résistance autochtone futuriste, souligne-t-elle.

Une histoire qui a été plutôt bien reçue de la part du jury du Festival international du film de Toronto, qui lui a remis le Prix du talent émergent.

Elle est en train de compléter un autre film à suspense, Ivy, réalisé spécialement pour Netflix, mais elle planifie déjà son retour en Saskatchewan pour un autre film.