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Aux commandes pendant le déluge

C'est jamais pareil, ICI Première.
Rattrapage du lundi 19 juillet 2021

Aux commandes pendant le déluge

La base de Bagotville a joué un rôle de premier plan lors du déluge de 1996

Des militaires débarquent d'un avion Hercule.
Des militaires des Forces armées canadiennes sont venus prêter main-forte aux équipes de la base de Bagotville pour soutenir les sinistrés lors du déluge de 1996.PHOTO : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT
C'est jamais pareil, ICI Première.
C'est jamais pareilPublié le 19 juillet 2021

Celui qui était commandant de la 3e Escadre des Forces canadiennes de Bagotville en juillet 1996, le colonel Richard Bastien, reste marqué par les événements où les militaires ont été grandement sollicités.

Dès les premières heures du déluge, le 19 juillet, les équipes de recherche et sauvetage ont été appelées en renfort pour secourir un bateau en difficulté, puis dès le samedi matin, pour aller chercher des sinistrés prisonniers des eaux aux quatre coins de la région.

Je suis allé aux opérations de l'Escadre et on a commencé à structurer notre équipe de travail, raconte Richard Bastien en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.

Les militaires ont effectué quelque 750 missions de sauvetages aériens. La base de Bagotville est devenue une véritable fourmilière, accueillant les sinistrés qui n’avaient pas d’endroit où se réfugier.

Assez rapidement, il a fallu développer des services, nourrir ces gens-là, leur fournir un peu de vêtements, trouver des endroits où les coucher, etc. On en a même accueilli dans nos propres maisons! Moi, j'ai gardé des gens pendant trois jours chez moi et d'autres militaires dans les maisons militaires autour de la base ont accueilli du monde. On avait du monde dans l'aréna, on avait du monde sous la tente, on avait un moment donné un peu plus de 3000 personnes qui étaient sur la base, se souvient le colonel Bastien.

Les militaires ont ainsi appuyé les autorités municipales, les équipes d’urgence et la sécurité civile pendant plusieurs semaines. Selon l’ex-commandant de la 3e Escadre, l’entraînement et la discipline militaires avaient bien préparé ses troupes pour un tel travail, alors que l’événement est survenu en pleine période de mutations pour l’armée.

On manquait de personnel-clé, qui n'était pas en poste à cause de ça, mais rapidement on trouvait une personne qui connaissait quand même un peu le domaine, qui était une personne fiable. On lui expliquait quelles étaient les demandes qu'on avait et les gens étaient fortement impressionnés parce qu'ils ont pris en charge des parties du travail et les ont effectuées de façon très efficace et avec beaucoup d'entregent, beaucoup de compassion envers ceux qu’on secourait.

« Pour l'équipe de la base, il y a eu à peu près sept jours où l'on courait dans toutes les directions, mais rapidement, les militaires, on s'organise avec des rotations de façon à pouvoir tenir le coup assez longtemps. »

— Une citation de  Richard Bastien

Pendant qu’ils aidaient les sinistrés, plusieurs militaires vivaient aussi de près le déluge. Les deux enfants de l’un deux sont morts à la suite d’un glissement de terrain derrière la résidence familiale.

D’autres ont perdu leur maison et leur bien. Ce qui me frappait, c'était qu'on voyait que les gens étaient affectés, mais rapidement étaient capables de dire bon, il y a encore d'autres personnes à sauver donc je laisse de côté mon problème pour aller aider quelqu'un d'autre, souligne Richard Bastien.

Maintenant à la retraite, l’ex-commandant de la base militaire de Bagotville croit que le déluge du Saguenay a permis de solidifier les liens entre la population régionale et les militaires. Les gens ne voyaient plus de Bagotville que les avions qui créaient de la pluie, ils voyaient des êtres humains, des voisins, des amis qui pouvaient les aider.