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Carte blanche à Jean-Philippe Pleau :  Être transfuge de classe

Le titre de l'émission "Carte blanche à..." et les noms de 5 personnes à l'animation : Catherine Pépin, Myriam Fehmiu, Patricia Bitu Tshikudi, Marc-André Carignan et Roseline Filion.
Rattrapage du 21 mai 2021 : Jean-Philippe Pleau et les classes sociales

Carte blanche à Jean-Philippe Pleau :  Être transfuge de classe

Voyager d’une classe sociale à une autre

Assis devant leur micro.
Jean-Philippe Pleau se considère comme un transfuge de classe.PHOTO : Radio-Canada
Le titre de l'émission "Carte blanche à..." et les noms de 5 personnes à l'animation : Catherine Pépin, Myriam Fehmiu, Patricia Bitu Tshikudi, Marc-André Carignan et Roseline Filion.
Carte blanche à...Publié le 23 mai 2021

« Mon père est analphabète et ma mère est peu scolarisée, et si on m'avait dit un jour que j'aurais un jour ma carte blanche sur les ondes de la très sérieuse radio de Radio-Canada, je n'y aurais pas cru », raconte Jean-Philippe Pleau. Au fil du temps, il s'est forgé un destin bien différent de celui de ses parents, mais ce cheminement ne s'est pas fait sans heurts. En compagnie de transfuges de classe comme lui, l'animateur se penche sur cette « immigration de l'intérieur » qu'il a vécue, un parcours transformateur et parsemé de déchirures et de questionnements.

Il y a tout un discours d’une sociologie ou d’une idéologie bourgeoise qui consiste à dire : “Aujourd’hui, il n’y a plus de classes sociales […] il y a une vaste classe moyenne qui englobe tout le monde”, constate le sociologue et philosophe français Didier Eribon. C’est cette imposture qu’il faut défaire.

Tout comme Jean-Philippe Pleau, il est lui aussi originaire d’un milieu populaire et il a consacré sa carrière à étudier les transfuges de classe. C’est un phénomène complexe avec plusieurs facettes, et l’une des plus importantes d’entre elles, c’est la honte qui se manifeste en deux temps.

« J’ai eu honte de ma famille ignorante. Mais après, j’ai eu honte d’avoir honte. »

— Une citation de  Didier Eribon, sociologue et philosophe

Le double défi de l’immigration

L’expérience des classes sociales prend une tout autre teinte lorsqu’on immigre, comme le constate l’autrice d’origine chilienne Caroline Dawson. On devient de plus en plus Québécoise en même temps qu’on accède à une certaine mobilité sociale, dit-elle. Les deux vont main dans la main.

« Il y a une pression qui est faite sur les enfants de dire : “On n’a pas émigré pour rien, il faut que tu réussisses. Ton succès est le gage du fait qu’on n’a pas fait ça pour rien.” »

— Une citation de  Caroline Dawson, autrice

Elle explique comment, malgré ce désir ardent des parents de voir leurs enfants gravir l’échelle sociale, une rupture peut voir le jour lorsque leurs jeunes accèdent à une autre classe.