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C'est fou, ICI Première.
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Audio fil du dimanche 7 avril 2019

Anne Panasuk : La méchanceté subie par les autochtones

Quand la violence faite aux communautés autochtones nous était inconnue

Publié le 7 avril 2019
Montréal Ce soir, 25 juin 1990

Comment se fait-il que des agressions sexuelles commises par les missionnaires oblats et que des disparitions d'enfants autochtones aient échappé à notre attention pendant des décennies? Voilà la grande question qui occupe la journaliste Anne Panasuk, qui a enquêté et dévoilé la méchanceté subie par des communautés isolées du nord du Québec.

À Maliotenam, à Mingan ou à Pakuashipi, les Oblats ont commis des agressions sexuelles à répétition, dans le plus grand secret, dans les années 60 et 70. Au même moment, on perdait à jamais la trace d’enfants des Premières Nations envoyés à l’hôpital par des fonctionnaires. C’est entre autres ce qu’a révélé la journaliste Anne Panasuk dans une série de reportages intitulés Chemins de croix et diffusés dans le balado Histoires d’Enquête.

Or même les plus grands anthropologues étudiant les Premières Nations, et même les journalistes affectés à plein temps à couvrir l’actualité de ces communautés du nord du Québec, n’ont jamais eu vent de cette violence au moment où elle se déroulait. Pourquoi?

« Moi-même, qui ai été liée à de nombreuses familles innues de la Côte-Nord, je n’avais jamais entendu parler de tout cela, s’étonne Anne Panasuk. L’un des facteurs est la honte et la culpabilité des parents, qui ont eu l’impression de mal jouer leur rôle. Il y avait aussi une perte de contact avec la réalité qui a poussé ces gens à croire que les agressions étaient normales. Il faut dire qu’elles se sont répétées sur trois générations. »

Prêtres « méchants » : quelques pistes de compréhension

En tant que journaliste, pour tenter de comprendre l’ensemble de la situation, Anne Panasuk a aussi interviewé les agresseurs et a voulu documenter les raisons – psychologiques ou sociologiques – de la méchanceté dont ont fait preuve les missionnaires oblats de Marie-Immaculée.

« Ma théorie est que ces hommes, qui acceptaient d’être Oblats dans des communautés éloignées, étaient des gens déjà marginaux, qui fuyaient les normes sociales et le regard des gens de leur communauté d’origine dans les années 50. On leur a donné un énorme pouvoir religieux et politique, ce qui était dangereux. Ils pouvaient agir en toute impunité. »

—  - Anne Panasuk, journaliste à Radio-Canada