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Boulevard du Pacifique, ICI Première.

Comment produire du béton carboneutre?

Publié le 1 juin 2021
Un paysage de tours à Vancouver et de grues présentes pour des travaux de construction.
Le béton est encore majoritairement utilisé dans la construction en Colombie-Britannique.PHOTO : La Presse canadienne / Darryl Dyck

« Ça va prendre vraiment beaucoup d'efforts puisque le béton à neutralité carbone n'existe pas encore, il faut faire de la recherche », prévient Nemy Banthia, professeur en génie civil au département d'ingénierie à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Le gouvernement de Justin Trudeau s'attaque à l'empreinte carbone du béton et du ciment.

Ottawa a dévoilé lundi une vaste stratégie pour tenter de réduire les émissions de l’un des secteurs les plus polluants au pays.

Le béton est la substance la plus utilisée au monde après l'eau, et son industrie rejette 2,8 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère chaque année. « Si l’industrie du ciment était un pays, elle serait la troisième émettrice de dioxyde de carbone », ajoute Nemy Banthia.

« Le ciment produit beaucoup de dioxyde de carbone : une tonne de ciment produit une tonne de dioxyde de carbone. »

—  Nemy Banthia, professeur en génie civil au département d'ingénierie à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC)

Des alternatives plus vertes existent pourtant, et c'est là-dessus que veut miser le Canada pour atteindre la carboneutralité du béton d'ici 2050. Pour Nemy Banthia, il est possible d’atteindre cette carboneutralité du béton grâce à plusieurs innovations, dont l’utilisation d’un liant écologique dans la conception du béton, la pratique de l’économie circulaire, ou l’utilisation de pneus.

« On peut créer les structures du béton avec une imprimante 3D. »

—  Nemy Banthia, professeur en génie civil au département d'ingénierie à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC)

Il est en effet possible d'extraire les fibres contenues dans les pneus usagés pour les incorporer au béton : En C.-B., on produit 4 millions de pneus chaque année, et on peut tous les utiliser dans le béton, note le professeur en génie civil à UBC.

Selon M. Banthia, la carboneutralité est possible, mais c’est un grand défi : Il y a des défis technologiques qui existent, ça va prendre beaucoup de recherche et d’innovation, juge-t-il.

Le béton risque donc d'être le matériau le plus utilisé dans la construction pendant encore plusieurs années, et le remplacer ne sera pas une mince affaire : Ça va être tellement difficile, parce que le béton est très peu cher [...] quand on fait la comparaison avec l’acier ou le bois, conclut Nemy Banthia.