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Bon pied bonne heure ICI Première.
Bon pied bonne heure ICI Première.
Rattrapage du lundi 15 mars 2021

COVID :  la résilience des amoureux

Quand la COVID-19 érige des frontières entre les amoureux

Publié le 15 mars 2021
Le couple a réalisé son rêve de se marier le 16 mars 2020.
Le couple a réalisé son rêve de se marier le 16 mars 2020.PHOTO : Anaïs Houde-Tremblay

Il y a un an, la Gaspésienne Anaïs Houde-Tremblay a réalisé son rêve de se marier avec son copain. Elle était loin de se douter qu'elle devrait vivre séparée de son mari cubain durant huit mois. Avec les restrictions liées aux voyages en raison de la pandémie de COVID-19, plusieurs familles ont été dans la même situation. Anaïs Houde-Tremblay espère maintenant qu'Ottawa accélère son processus d'immigration pour revoir son mari.

Cuba, mars 2020. Anaïs Houde-Tremblay est arrivée depuis quelques jours. Elle est venue rejoindre son copain pour une journée très attendue : celle de son mariage, prévu depuis plusieurs mois déjà pour le 16 mars.

Moi et mon amoureux [...] on allait réaliser notre rêve d’enfin pouvoir se marier, se remémore-t-elle. Le soleil brillait, le ciel était bleu[...]. La famille de mon conjoint, les amis, tout le monde était là. [...] La cérémonie s'est passée à merveille, raconte-t-elle.

« C'est à ce jour le plus beau moment de ma vie, j'ai réalisé mon rêve de me marier avec quelqu'un que j'aimais si fort et qui m'aimait autant. »

—  Anaïs Houde-Tremblay

Leur lune de miel s’est cependant transformée en moment de panique. On prend une photo et j'ouvre mon internet sur mon téléphone. À ce moment, le plus beau jour de ma vie s'est transformé en un cauchemar, dit-elle. J’avais des dizaines de messages de ma famille en famille qui disait premièrement “félicitations pour ton mariage, mais faut que tu rentres au pays, c'est l'état d'urgence”.

Anaïs Houde-Tremblay est revenue au Canada rapidement et n’a pas pu revoir son mari durant huit mois. Ça faisait tellement bizarre d'entendre les histoires ici au Canada de couples qui disaient que la quarantaine était difficile pour eux, que leur couple a été mis à l'épreuve... À mes yeux, c'est incompréhensible parce que moi de mon côté mon plus grand rêve c'était juste d'être avec mon conjoint.

La Gaspésienne Anaïs Houde-Tremblay s'est mariée avec son conjoint le 16 mars 2020.

La Gaspésienne Anaïs Houde-Tremblay s'est mariée avec son conjoint le 16 mars 2020.

Anaïs Houde-Tremblay

Mme Houde-Tremblay est finalement retournée voir son mari à Cuba en novembre. Elle est maintenant de retour au pays, mais tente toujours de faire venir son conjoint au Canada.

Le long chemin de l’immigration au Canada

Une lettre signée par 50 personnes a été envoyée au premier ministre Justin Trudeau, au ministre de l'Immigration, des Réfugiées et de la Citoyenneté, et à plusieurs autres élus la semaine dernière afin qu'Ottawa accélère le processus de réunification des familles. Intitulée Le parcours du combattant : Les iniquités du système d’immigration pour les citoyens canadiens parrainant un membre de la famille de nationalité cubaine, cette lettre dénonce un « enchaînement de décisions du gouvernement canadien qui place les familles dans une impasse et dans un sentiment de désespoir ». On y parle d'un processus en plusieurs étapes qui dépend du fonctionnement de quatre ambassades, en plus du Canada.

Les procédures pour que le mari d'Anaïs Houde-Tremblay puisse venir au Canada ne sont pas simples. Pour qu’il obtienne la résidence permanente, un dossier de plus de 200 pages de preuves de relation amoureuse a été envoyé au ministère de l'Immigration dès mars 2020. En raison de la pandémie, le dossier n'a pas progressé pendant sept mois. Les délais sont également de plus en plus longs. Certains députés de l'Est-du-Québec ont même affirmé que le processus d'immigration était carrément paralysé depuis le début de la pandémie.

En octobre, le gouvernement fédéral a apporté des modifications aux critères d'admissibilité pour une exemption aux restrictions de voyage. Les familles y ont vu un espoir. Cependant, ces modifications n'ont pas simplifié le processus pour les pays qui ont besoin d'un visa, dont Cuba.

Écoutez l’audio pour les explications d'Anaïs Houde-Tremblay