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Stéphan Bureau et l'ancien ministre et philosophe français Luc Ferry

Bien entendu, la grande entrevue, ICI Première.
Rattrapage du 5 déc. 2020 : Le regard aiguisé de Luc Ferry sur notre société chamboulée

Stéphan Bureau et l'ancien ministre et philosophe français Luc Ferry

Le regard aiguisé de Luc Ferry sur notre société chamboulée

Luc Ferry, ancien ministre français de l'Éducation
Luc Ferry, ancien ministre français de l'ÉducationPHOTO : AFP / Miguel Medina
Bien entendu, la grande entrevue, ICI Première.
Bien entendu, la grande entrevuePublié le 5 décembre 2020

Notre rapport à la mort a été profondément modifié durant les dernières décennies. Selon le philosophe Luc Ferry, ce changement de paradigme a forcé les gouvernements à agir d'une manière complètement diférente face à la pandémie qui nous touche. « On a mis la vie et la santé des gens en premier, et c'est totalement nouveau », croit l'ancien ministre français de l'Éducation (2002-2004).

Luc Ferry illustre son propos en revenant sur la pandémie de grippe de 1968-69, qui a tué un million de personnes dans le monde. À l’époque, la réaction des gouvernements avait été d’une tout autre teneur.

Il rappelle que cette crise sanitaire s’est déroulée dans l’indifférence quasi généralisée. Il n’y a pas eu de confinement, aucune école, aucune usine n’a été fermée, bref, l’économie a été placée au-dessus de la vie humaine.

« Aujourd’hui, on fait exactement l’inverse. On va se retrouver dans une crise économique absolument terrifiante. On va avoir du chômage de masse, une dette qui explose. »

Placer l'individu au centre de tout

L’auteur de La pensée 68 : Essai sur l’antihumanisme contemporain et du Nouvel Ordre écologique croit que cette réaction au coronavirus est telle parce que nos sociétés ont déplacé leur intérêt, leur attention.

Ainsi, la santé, le bonheur, la théorie du développement personnel sont devenues cruciales depuis que les religions, terrestres comme le communisme, ou célestes comme le christianisme ont été vidées de leurs croyants. Il n’y a plus de grande cause fédératrice, croit-il.

D’ailleurs, Luc Ferry considère que le front commun médical qui a permis de développer des vaccins contre la COVID-19 est une formidable victoire de la mondialisation.

Donald Trump et la gauche « caviar »

Luc Ferry connaît bien les États-Unis pour y avoir enseigné. Son regard sur les récentes élections présidentielles laisse transparaître beaucoup de nuances à propos du président sortant, Donald Trump.

« Je suis tout sauf trumpiste, il y a énormément de choses que je déteste dans sa politique. Mais en même temps, je rappelle que cet homme n’a déclenché aucune guerre. Il a fait signer des accords de paix entre certains pays arabes et Israël qui ne sont pas négligeables […] puis il a redressé apparemment certains secteurs de l’économie américaine. Il a, en effet, mené une politique paradoxalement assez sociale. »

Il poursuit en disant que la gauche libérale (gauche « caviar » en France) se tire dans le pied actuellement, autant aux États-Unis qu’au Canada, parce qu’elle incarne le politiquement correct, et encourage une dérive de la question sociale vers la question identitaire.