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La relation entreTrudeau et Nixon racontée par F.Bastien

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La relation entreTrudeau et Nixon racontée par F. Bastien

La relation entreTrudeau et Nixon racontée par F.Bastien

La relation tumultueuse entre Pierre Elliott Trudeau et Richard Nixon

En 1972, le premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau tend un document au président américain Richard Nixon.
RIchard Nixon et Pierre Elliott Trudeau à Ottawa en 1972.PHOTO : La Presse canadienne / LB
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 21 novembre 2018

« Vivre à vos côtés, c'est comme dormir avec un éléphant. Peu importe le tempérament et la gentillesse de la bête, on demeure affecté par tous ses tics et ses grognements. » C'est avec cette phrase célèbre que Pierre Elliott Trudeau a décrit sa perception des liens du Canada avec son voisin lors de sa première visite officielle aux États-Unis, en mars 1969. Rapidement, la relation entre lui et Richard Nixon est devenue difficile. L'historien Frédéric Bastien rappelle les faits.

Dès son arrivée au pouvoir en 1968, Pierre Elliott Trudeau développe une politique étrangère indépendante de celle de la superpuissance. « Trudeau a une politique nationaliste qui vise à prendre ses distances avec les États-Unis », explique Frédéric Bastien, professeur d’histoire au Collège Dawson.

Il réduit la présence militaire canadienne en Europe, passant de 10 000 à 5000 soldats dans les bases de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), en pleine guerre froide. Pierre Elliott Trudeau estime que les États-Unis n’ont pas besoin de la contribution du Canada pour faire face à l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

La reconnaissance hâtive de la Chine communiste par le Canada en 1970 agace également Nixon. La relation entre Richard Nixon et Pierre Elliott Trudeau s’envenime. Le président américain déteste ce libéral, surnommé le Kennedy canadien, qui fait partie des élites médiatiques et des politiciens de gauche qui complotent contre lui.

« Le côté donneur de leçons [de Trudeau] irrite beaucoup Nixon. C’est une détestation profonde sur le plan personnel, […] surtout Nixon vis-à-vis Trudeau. »

—  Frédéric Bastien, historien

De plus, la politique du Canada envers la guerre du Vietnam déplaît souverainement à Richard Nixon. Le Parlement canadien adopte une motion dénonçant la stratégie américaine au Vietnam, alors qu’en 1972, les troupes américaines ont beaucoup diminué.

« Nixon est d’autant plus frustré qu’il est dans une politique de désengagement. […] Il voit cette motion comme un sabotage de sa politique de désengagement. »

—  Frédéric Bastien, historien

La difficile relation sera confirmée lors du dévoilement en 2008 des enregistrements secrets de la présidence Nixon. Ils révéleront le langage cru qu’il tient envers Trudeau.

Des tensions économiques

Cette tension entre les deux hommes s’exprime également économiquement. En 1971, sans prévenir le Canada, Richard Nixon impose une taxe de 10 % sur les importations américaines. C’est la panique à Ottawa. Des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu. Trudeau se rend à Washington et rencontre le secrétaire d'État américain, Henry Kissinger, afin d’éviter ces mesures tarifaires.

Un adoucissement de ton

En 1972, Richard Nixon prononce un discours lors de sa visite au Canada, dans lequel il affirme que les deux pays sont différents, qu’ils doivent avoir des politiques propres.

Pierre Elliott Trudeau apprécie que le président américain reconnaisse ces différences.

Richard Nixon et Pierre Elliott Trudeau à Ottawa en 1972.

La Presse canadienne

« Dans les faits, les relations économiques demeurent extrêmement proches […], mais Nixon fait certainement une fleur à Trudeau lors de ce discours. […] Malgré toute sa haine personnelle, Nixon comprend qu’il doit ménager son allié », souligne Frédéric Bastien.