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L'affaire Ben Johnson racontée par Pierre Houde

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
L'affaire Ben Johnson racontée par Pierre Houde

L'affaire Ben Johnson racontée par Pierre Houde

L’affaire Ben Johnson, le plus grand scandale de dopage de l’histoire des Olympiques

Ben Johnson est accroupi avant de courir le 100 m aux Jeux de Séoul, en 1988.
Ben Johnson s'apprête à courir l'épreuve du 100 m aux Jeux du Séoul, en 1988. PHOTO : Getty Images / Tony Duffy
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 27 septembre 2018

Le 24 septembre 1988, le sprinteur canadien Ben Johnson a remporté l'épreuve du 100 m aux Jeux de Séoul tout en établissant un nouveau record du monde. Deux jours plus tard, le Comité international olympique (CIO) lui a enlevé sa médaille d'or pour cause d'usage de stéroïdes anabolisants. Le journaliste sportif Pierre Houde raconte le scandale provoqué par la tricherie du coureur et ses répercussions sur la lutte antidopage.

L’usage de drogues dans le sport est bien antérieur à l’affaire Ben Johnson. Dès les Jeux de 1976, à Montréal, des athlètes de l’Allemagne de l’Est se dopent. Mais à ceux de 1988, à Séoul, on assiste à une véritable révélation de l’usage de drogues chez les sportifs.

L’ascension d’une superstar de la course

Originaire de Jamaïque, Ben Johnson s’établit à Toronto avec sa famille pendant sa jeunesse. Son grand talent pour la course lui permet d’obtenir deux médailles de bronze pour le Canada aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984 (au 100 m et au relais 4 x 100 m).

Dans les années qui suivent les Jeux de Los Angeles, Ben Johnson continue de faire partie des meilleurs coureurs du monde. Aux Championnats du monde d’athlétisme de 1987, il remporte le 100 m contre son principal rival, l’Américain Carl Lewis, et établit alors un record du monde.

Une gloire éphémère

Lorsqu’il gagne le 100 m à Séoul avec un record de 9,79 secondes, Ben Johnson procure une grande fierté aux Canadiens. Mais moins de 48 heures après son exploit, le Comité international olympique disqualifie le sprinteur : son test antidopage a échoué. Tout s’écroule pour l’athlète, qui prenait des stéroïdes et des hormones de croissance depuis des années.

Le 24 septembre 1988, Ben Johnson remporte la médaille d'or aux Jeux de Séoul. Il sera disqualifié pour dopage le surlendemain.

Getty Images / AFP / Romeo Gacad

« Il a été traité aussi durement qu’on l’avait vénéré quelques heures auparavant. Il raconte souvent avoir eu l’impression d’être un criminel. »

—  Paul Houde, journaliste sportif

La disgrâce de Ben Johnson s’accompagne de la perte d’importants contrats publicitaires et d’une suspension à vie de tout soutien du gouvernement canadien. L’Américain Carl Lewis hérite de l’or et le Britannique Linford Christie, de l’argent, mais on saura plus tard qu’ils s’étaient eux-mêmes dopés.

La commission Dubin

À la suite du scandale provoqué par l’usage de stéroïdes par Ben Johnson, le gouvernement Mulroney crée la Commission d'enquête sur le recours aux drogues et aux substances interdites pour améliorer les performances athlétiques. Ben Johnson comparaît le 12 juin 1989 à cette commission, dirigée par le juge Charles Dubin.

Dans son témoignage, Ben Johnson révèle qu’à partir de 1981, son entraîneur Charlie Francis et lui ont fait le choix d’utiliser des drogues afin d’obtenir de meilleures performances. Son récit et la commission Dubin ont conscientisé le monde à l’ampleur du fléau du dopage.

Ben Johnson et son entraînteur Charlie Francis (décédé en 2010) lors d'un entraînement à Toronto, en juillet 1988.

Reuters / Gary Hershorn