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L'affaire Coffin racontée par Marc Laurendeau

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
L'affaire Coffin racontée par Marc Laurendeau

L'affaire Coffin racontée par Marc Laurendeau

Affaire Coffin : la justice a-t-elle condamné à mort un innocent?

Wilbert Coffin se tient devant une cabane en bois rond.
Wilbert CoffinPHOTO : Montreal Star / Canada Wide
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 23 mars 2018

Condamné pour avoir tué trois chasseurs américains en Gaspésie, Wilbert Coffin est pendu le 10 février 1956 à la prison de Bordeaux de Montréal. Son exécution est suivie d'un imbroglio politico-juridique qui met en doute sa culpabilité. Le journaliste Marc Laurendeau décrit la célèbre affaire Coffin.

En juin 1953, le mécanicien Eugene Lindsay, son fils Richard et l’ami de celui-ci, Frederick Claar, séjournent près de Gaspé pour chasser l’ours. Lorsque leur camionnette tombe en panne en pleine forêt, le prospecteur minier Wilbert Coffin tente de leur venir en aide.

Richard Lindsay, son père Eugene et Frederick Claar sont retrouvé morts en Gaspésie en juillet 1953.

Montreal Star / Canada Wide

Quelques jours plus tard, vers la mi-juillet, on découvre les corps des trois chasseurs dévorés par les ours et portant des traces de balles. Des soupçons pèsent sur Coffin puisqu’il est la dernière personne à avoir vu les victimes. Losqu’il fait un voyage à Montréal en juin, on le trouve aussi en possession d’argent américain et d’objets volés aux Lindsay.

L’absence de preuves directes contre Wilbert Coffin
La police arrête Wilbert Coffin le 10 août 1953. Au cours de son procès, qui s’ouvre un an plus tard, la Couronne fait entendre 80 témoins, alors que la défense n’en présente aucun. Même si l’arme du crime n’a pas été retrouvée, le jury décide de condamner Coffin.

Mais le journaliste et futur sénateur Jacques Hébert sème le doute sur la culpabilité du Gaspésien avec ses livres Coffin était innocent (1958) et J’accuse les assassins de Coffin (1963). À l’époque, leur publication alimente le débat sur l’abolition de la peine de mort. Elle pousse aussi le gouvernement de Jean Lesage à créer la commission Brossard, chargée de faire la lumière sur le procès de Wilbert Coffin.

Dessin du procès de Wilbert Coffin à Percé, en juillet 1954

Montreal Star / Canada Wide

La justice s’en prend à Jacques Hébert
La commission Brossard conclut que Jacques Hébert a manqué de rigueur dans ses ouvrages. Le journaliste doit défendre ses écrits devant la justice, puisqu’on l’accuse d’outrage au tribunal. Défendu par Pierre Elliott Trudeau, le journaliste est acquitté par la cour lorsque sa cause est portée en appel.

L’affaire Coffin refait surface dans les années 2000. Après un vote aux Communes, une procédure de révision judiciaire est mise en place, mais n’aboutit à aucune conclusion. Des décennies après l’exécution de Wilbert Coffin, la culpabilité de ce dernier demeure toujours contestée en raison des lacunes de son procès.