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Mata Hari : de danseuse célèbre à espionne condamnée

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
L'histoire de la danseuse et espionne Mata Hari racontée par Évelyne Ferron

Mata Hari : de danseuse célèbre à espionne condamnée

L'histoire de la danseuse et espionne Mata Hari racontée par Évelyne Ferron

Dans ce portrait non daté, l'espionne Mata Hari, recouverte de bijoux, a un regard songeur.
L'espionne Mata Hari a été exécutée le 15 octobre 1917, durant la Première Guerre mondiale.PHOTO : Associated Press
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 9 mars 2018

Danseuse exotique de la Belle Époque, Mata Hari est devenue agent double pour le compte de l'Allemagne et de la France pendant la Première Guerre mondiale. Le 15 octobre 1917, à 41 ans, elle a été reconnue coupable d'espionnage et est morte fusillée. L'historienne Evelyne Ferron départage ce qui appartient au mythe et à la réalité lorsqu'on évoque cette figure romanesque du début du 20e siècle.

D’origine néerlandaise, Margaretha Geertruida Zelle grandit dans un milieu aisé. Son père, un chapelier, l’habitue à vivre dans le luxe et la convainc qu’elle est vouée à un grand destin.

À l’âge adulte, après que sa famille a perdu ses moyens financiers, Margaretha épouse un militaire plus âgé qu’elle. Il l’emmène en Indonésie, où elle vit quelques années. Elle a deux enfants, dont un garçon qui meurt en bas âge. Malheureuse, la jeune femme divorce de son mari et déménage à Paris en 1903. Comme elle est jolie, elle connaît ses chances de s’y faire entretenir par des hommes.

S’inventer un personnage
À Paris, Margaretha se dit danseuse javanaise et adopte le surnom de Mata Hari. Le 13 mars 1905, elle acquiert la célébrité lorsqu’elle fait un striptease sensuel dans la bibliothèque du Musée des arts asiatiques, à la demande du collectionneur Émile Guimet. Sa prestation, inspirée par les danses indonésiennes, lance sa carrière dans les cabarets parisiens et européens.

« Ce côté de la stripteaseuse, d'avoir été la première à oser le coup d’éclat d’une certaine libération du corps de la femme, fait d’elle encore aujourd’hui un objet de fascination, un peu plus que l’espionne. »

— Une citation de  Evelyne Ferron, historienne

Mata Hari devient une courtisane, une « grande horizontale ». Elle voyage beaucoup et elle fréquente des hommes puissants. Mais avec la guerre, son mode de vie n’est plus possible. Endettée, elle accepte de travailler pour l’espionnage allemand vers 1916. Son carnet d’adresses de la diplomatie et de la grande bourgeoise lui est alors utile. De retour à Paris, elle utilise aussi ses charmes pour entrer au service de la France.

La peine capitale pour Mata Hari
Le 13 février 1917, pendant que la guerre s’enlise à Verdun, le contre-espionnage français arrête l’apprentie espionne. On fait de cette femme émancipée un exemple pour dissuader tous ceux qui seraient tentés de trahir la patrie pour pactiser avec l’ennemi allemand.

En juillet, un tribunal militaire juge Mata Hari de façon expéditive, sans qu’elle puisse avoir de véritable défense. Son procès et son exécution à la prison de Vincennes font les manchettes des journaux. Et dès 1931, sa vie fera l’objet d’un film mettant en vedette Greta Garbo.

Mata Hari (1876-1917)

Getty Images / Hulton Archive