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La vie de Jehane Benoît racontée par Maude Labonté

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La vie de Jehane Benoît racontée par Maude Labonté

La vie de Jehane Benoît racontée par Maude Labonté

Jehane Benoît, une pionnière qui a propulsé le Québec dans l’ère de la cuisine moderne

Jehane Benoît en 1958
Jehane Benoît en 1958PHOTO : Radio-Canada/André Le Coz
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 16 février 2018

Avant l'apparition de Jehane Benoît sur la scène culinaire québécoise, la province entretenait un rapport désinvolte à l'alimentation. L'auteure de L'encyclopédie de la cuisine canadienne, détenant fièrement un diplôme de la Sorbonne en chimie alimentaire, a profondément transformé le rapport des Québécois aux fourneaux. « Elle a fait entrer le Québec dans la modernité culinaire », dit l'historienne Maude Labonté.

« Dotée d’une curiosité insatiable et d’une inventivité hors-norme, Jehane Benoît a démocratisé les bases de la cuisine et elle a doté les Québécois d’un vocabulaire adéquat, avec un grand souci pédagogique. »

— Une citation de  Maude Labonté, historienne et auteure d’un mémoire de maîtrise sur Jehane Benoît

Une vie de gastronomie entre Paris et Montréal
Originaire d’un milieu aisé, Jehane Benoît était la fille d’un banquier ayant vécu toute sa vie à Westmount, dans un milieu anglophone. Parfaitement bilingue, elle s’est intéressée à ce qui se passait des deux côtés du boulevard Saint-Laurent, mais a fait toute sa scolarité en français au pensionnat. Arrivée à l’étape du baccalauréat, elle s’est exilée à Paris, une ville qu’elle a continué à fréquenter toute sa vie et qui a eu une influence énorme sur son parcours.

Elle y a fait un peu de théâtre, mais se jugeait mauvaise actrice. C’est néanmoins cette appétence pour les arts de la scène qui lui aura permis, plus tard, d’animer avec aisance des ateliers de cuisine devant des centaines de personnes dans de vastes auditoriums, puis de faire une brillante carrière de communicatrice à la radio et à la télévision. Diplôme en poche, après un bref retour en sol américain, Paris lui faisait encore de l’œil, et c’est à la Sorbonne, auprès du réputé professeur Edouard de Pomiane, qu’elle s’est initiée à la chimie alimentaire, conjuguant science et gastronomie.

Les allers-retours entre Paris et Montréal ont été constants dans sa vie, mais c’est au Québec, où elle avait l’ambition de transformer profondément la culture culinaire, qu’elle a mené l’essentiel de sa brillante carrière de vulgarisatrice et qu’elle a développé une cuisine créative et avant-gardiste.

Pédagogue, restauratrice et communicatrice
Elle a fondé à Montréal la toute première école de cuisine bilingue et laïque, Au fumet de la Vieille France. « C’était tout à fait hors-norme à cette époque, explique Maude Labonté, alors que les arts de la cuisine étaient réservés aux religieuses. »

Entrepreneure avant-gardiste, elle a ouvert un restaurant végétarien en 1933, le premier du genre au Canada, une vraie rareté à cette époque d’alimentation bien carnivore. En parallèle, elle s’était mise à l’écriture de livres de recettes, à collaborer à des magazines comme la Revue moderne et à faire de la radio. Et ce, tout en étant mère de famille monoparentale!

L’encyclopédie, un ouvrage hybride à l’image de Jehane Benoît
Parue dans les années 60, L’encyclopédie de la cuisine canadienne, de Jehane Benoît, est à la fois un ouvrage pratique, conçu pour guider la cuisine de tous les jours, et un ouvrage de référence pour cuisiner des plats plus raffinés. Ce livre qui s’est construit à partir de l’expérience de toute une vie est parfaitement à l’image de la femme qu’a été Jehane Benoît, soucieuse du bien-être au quotidien tout en étant inspirée par la grande cuisine et tout à fait à son aise dans le raffinement des grands soirs.

Elle s’est par ailleurs toujours adaptée aux nouvelles tendances, jusqu’à consacrer un ouvrage entier à la cuisine au micro-ondes dans les années 70. Qui plus est, elle était une conteuse hors pair, qui aimait contextualiser et romancer ses recettes.