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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
L'histoire des Black Panthers racontée par Jean-Pierre Le Glaunec

L'histoire des Black Panthers racontée par Jean-Pierre Le Glaunec

Droits des Noirs américains : l’importance mésestimée des Black Panthers

Publié le 9 janvier 2018
Photo en noir et blanc montrant les deux hommes armés.
Les cofondateurs du mouvement politique Black Panther Party for Self-Defense, Bobby Seale et Huey Newton, à Oakland (date inconnue)PHOTO : Associated Press / San Francisco Examiner

Mouvement américain d'auto-détermination fondé en 1966, le Black Panther Party for Self-Defense (BPP) a repris la lutte pour les droits des Noirs entamée par Martin Luther King, Rosa Parks et compagnie. Il s'agissait d'une façon de tenter d'enrayer la brutalité policière, la pauvreté et les inégalités sociales qui minaient cette communauté, selon le professeur d'histoire à l'Université de Sherbrooke Jean-Pierre Le Glaunec.

« La fondation du Black Panther Party est un moment tournant dans l’histoire du militantisme noir. C’est aussi un moment incompris », explique le spécialiste de l’histoire des Afros-Américains.

Une panthère prête à bondir

Le BPP souhaite redonner la fierté aux membres de la communauté afro-américaine. Pour y arriver, une approche radicale est favorisée. On choisit comme symbole la panthère noire, qui représente la force, la royauté et la fierté.
Les cofondateurs du BPP, les militants Bobby Seale et Huey Newton, considèrent que la non-violence professée par leurs prédécesseurs a atteint sa limite.

Certes, il y a eu des victoires, notamment la loi sur le droit de vote, en 1965, et une diminution certaine de la pauvreté. Mais Martin Luther King a été assassiné. Même chose pour Malcolm X, figure légendaire de la lutte pour les droits civiques.

Des membres des Black Panthers manifestent contre l'emprisonnement d'un de leurs fondateurs, Huey Newton (août 1968).

Associated Press

« Les ghettos existent toujours et le taux de chômage dans les années 1960 reste le double de celui des Blancs, rappelle Jean-Pierre Le Glaunec. Et surtout, la brutalité policière est une réalité omniprésente pour les Noirs en général. »

Encadrer la police

Les Black Panthers voient donc le jour dans une banlieue noire de la ville californienne d’Oakland. Seale et Newton mettent sur pied des patrouilles armées qui surveillent les agissements de la police.

Le mouvement révèle rapidement son orientation politique marxiste-léniniste. Pour diffuser ses idées, le BPP publie un journal qui, au sommet de sa popularité en 1967, est vendu à plus de 100 000 exemplaires par semaine.

La police fédérale américaine (FBI) et les corps policiers voient en ces Black Panthers l’ultime menace. Les autorités multiplient les rafles et les arrestations lors de manifestations du BPP. De nombreux morts et blessés sont à déplorer au sein de l’organisation. Le mouvement s’essouffle.

Dans les années 1970, le programme des Black Panthers se concentre plutôt sur l’aide offerte aux communautés affectées et offre une ébauche de filet social aux citoyens noirs des ghettos.