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Les orgues Casavant : de Saint-Hyacinthe au monde entier

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Les orgues Casavant : de Saint-Hyacinthe au monde entier

Les orgues Casavant : de Saint-Hyacinthe au monde entier

Aujourd'hui l'histoire des orgues Casavant

L'orgue Casavant de la Maison symphonique à Montréal
L'orgue Casavant de la Maison symphonique à Montréal PHOTO : Radio-Canada
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 16 décembre 2022

Le forgeron Joseph Casavant est tombé par hasard sur un traité de fabrication d'orgues. Il s'est alors lancé le défi d'en remettre un en bon état et s'est découvert une passion. Ses fils ont ensuite suivi ses traces et peaufiné leurs connaissances en la matière. Avec leurs orgues, les frères Casavant se sont taillés une place sur le marché mondial et ont connu un succès phénoménal. Le musicologue et organiste Louis Brouillette raconte l'histoire de cette réussite.

À 27 ans, le forgeron Joseph Casavant décide d’étudier au Petit Séminaire de Sainte-Thérèse, fondé par l’abbé Charles-Joseph Ducharme, qui a un fort penchant pour la musique. Un orgue inachevé se trouve alors dans le presbytère, et l’abbé Ducharme demande à son élève de le terminer. Joseph Casavant commence ainsi à construire des orgues, mais de manière artisanale. « Il a construit en 26 ans de carrière seulement 16 orgues, ce qui est très peu », raconte Louis Brouillette.

Ses fils, Joseph-Claver et Samuel-Marie, héritent du talent de leur père, mais ils ne se joignent pas à lui; ils travaillent en premier lieu chez Eusèbe Brodeur, qui a pris la succession de leur père, et ensuite chez Louis Mitchell, le premier facteur d’orgues francophone professionnel au Canada.

Les frères Casavant vont parfaire leur métier en Europe. En 1878, Joseph-Claver travaille comme vendeur, accordeur d’orgues et harmoniste dans une compagnie à Versailles, en France. Il invite par la suite Samuel-Marie à l’accompagner dans d’autres pays d'Europe. À leur retour au Québec en 1879, ils fondent leur propre compagnie.

Ils obtiennent un premier contrat à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes à Montréal, et leur réputation se répand rapidement dans la province. Suivent le contrat de la cathédrale Saint-Hyacinthe-le-Confesseur et celui de la basilique Notre-Dame de Montréal, pour un orgue à quatre claviers.

Les frères Casavant mettent en place dans les orgues des innovations, et ils collaborent entre autres avec Salluste Duval, un médecin et ingénieur qui développe les pédales à combinaison ajustable. Ils conçoivent aussi des orgues électrifiés plus fiables que ceux de la concurrence.

L’entreprise vit des moments difficiles durant la crise économique de 1929, mais elle réussit à survivre en produisant moins d’orgues et en fabriquant des meubles, dont ceux de la Cour suprême du Canada. De plus, Samuel-Marie meurt un mois après le début de la crise, et Joseph-Claver, en 1933.

Également au cours de cette émission, Louis Brouillette explique méticuleusement le fonctionnement d’un orgue et décrit les particularités de l’orgue de la Maison symphonique de Montréal, inauguré en 2014. « Chaque orgue de Casavant est différent », dit-il.