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Les divergences entre l’école historique de Montréal et celle de Québec

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Les divergences entre l’école historique de Montréal et celle de Québec

Les divergences entre l’école historique de Montréal et celle de Québec

Aujourd'hui l'histoire de l'école historique de Québec

Un bataillon de soldats anglais parade dans les rues de Montréal sur la peinture i>Capitulation de Montréal en 1760.
Capitulation de Montréal en 1760, une peinture datant de 1800 d'un artiste inconnu.PHOTO : Musée virtuel du Canada
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 8 décembre 2022

Après la Deuxième Guerre mondiale, les divergences entre historiens québécois se sont intensifiées et ont donné lieu à deux écoles de pensées bien distinctes. L'historien François-Olivier Dorais raconte comment ces deux visions souvent irréconciliables ont jalonné l'enseignement de l'histoire du Québec.

Ces historiens ont la même sensibilité générationnelle, car ils sont nés dans les années 1910 et 1920. Ils ont grandi pendant la crise des années 1930 et ils sont parmi les premiers laïcs à intégrer un milieu universitaire qui est en pleine transformation.

« Le Québec, à ce moment-là, est une société largement paupérisée, économiquement inférieure au reste du Canada […] et ces historiens sont donc travaillés par une question […] : quelles sont les causes du retard socioéconomique? »

— Une citation de  François-Olivier Dorais, historien

Les deux écoles ne s’entendent pas sur les causes historiques de cette infériorité économique. Pour les historiens Maurice Séguin, Guy Frégault et Michel Brunet de l’Université de Montréal, la conquête anglaise de 1760 a déstructuré la vie économique et politique du Québec, qui n’a jamais surmonté cette épreuve. « Conclusion : seule l’indépendance du Québec permettrait d’établir cette normalité nationale, ce que Maurice Séguin appelait "l’agir par soi collectif" », soutient François-Olivier Dorais.

Les historiens de l’école de Québec, surtout réunis à l’Université Laval, croient que « le retard du Canada français est dû à des problèmes internes »; il relève plutôt selon eux de l’influence du clergé, de la doctrine nationaliste et du conservatisme canadien-français. Ces problèmes proviennent « d’erreurs et de mauvais choix » et contribuent à mettre de côté le Québec « à la marche de la grande économie nord-américaine », explique François-Olivier Dorais. Fernand Ouellet et Marcel Trudel critiquent le projet d’indépendantisme québécois et croient clairement au fédéralisme.

Les deux écoles ont cependant le « souci commun de renouveler la science historique, en l’assoyant justement sur des fondements plus matériels, empiriques, rationnels et scientifiques », mentionne le spécialiste.

Elles rompent avec le grand récit historique national traditionnel pour situer l’histoire au niveau des structures économiques, politiques et culturelles. Par contre, à Montréal, la perspective nationaliste de Lionel Groulx est quand même conservée, mais transformée, tandis qu’à Québec, la rupture avec le traditionalisme est plus franche.

Également au cours de cette émission, François-Olivier Dorais explique comment la rivalité entre les villes de Montréal et de Québec définit ces deux écoles. Il analyse aussi l’influence de Lionel Groulx sur ces pensées et si elles influencent encore notre vision de l’histoire de la Belle Province.