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Québec-Presse, l’hebdomadaire de gauche qui voulait bousculer l’univers médiatique

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Québec-Presse, l’hebdomadaire de gauche qui voulait bousculer l’univers médiatique

Québec-Presse, l’hebdomadaire de gauche qui voulait bousculer l’univers médiatique

Aujourd'hui l'histoire de Québec-Presse

La une de l'hebdomadaire Québec-Presse avec le titre Manifestations et assemblées Loi d'exception à Montréal.
La une du 9 novembre 1969 de l'hebdomadaire Québec-PressePHOTO : Bibliothèque et Archives nationales du Québec/Québec-Presse
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 7 octobre 2022

Lancé le 19 octobre 1969, Québec-Presse voulait combattre le capitalisme, promouvoir l'indépendance du Québec et soutenir les intérêts des classes populaires. Cet hebdomadaire rêvait d'être un journal de masse, mais son tirage n'a jamais dépassé les 30 000 exemplaires. L'historien Jonathan Livernois raconte la courte aventure des artisans de ce journal.

L’idée de créer un journal de gauche militant provient des grands syndicats québécois. Au départ, le chef syndicaliste Michel Chartrand est la cheville ouvrière du journal, qui est publié le dimanche. « On voit grand : embauche de 10 journalistes à temps plein, de 6 analystes politiques, de plein de pigistes spécialisés dans différents domaines », précise Jonathan Livernois.

Québec-Presse est géré selon un modèle coopératif et est la propriété collective de l’Association coopérative des publications populaires. Ses membres versent une part sociale de 100 $. L’association lance une campagne de financement de 375 000 $, mais elle ne récolte que 30 000 à 50 000 $. « Malgré tout, à l’automne 1969, on va de l'avant! »

Même s’il découle des syndicats, Québec-Presse n’est pas directement leur journal. Les journalistes sont indépendants et décident du contenu de la publication.

De faits divers à journalisme d'enquête

Puisqu’il est publié le dimanche, Québec-Presse comprend un encart qui couvre les événements de la semaine, jusqu’en 1971. « On est loin du Devoir, affirme Jonathan Livernois. On s’adresse aux syndiqués de la base. » Le journal met de l’avant les faits divers, le sport, les courses de chevaux et des femmes posées en bikini. Plus sérieusement, les journalistes s’intéressent aux accidents de travail et aux coopératives.

À partir de septembre 1971, Jacques Parizeau, qui n’est pas ministre à cette époque, y publie une chronique. Après quelques années, le journal finit par déranger certains syndicalistes. Le 13 mai 1972, un groupe de syndicalistes plus à gauche investit les bureaux de Québec-Presse et empêche la diffusion de l’article de Jacques Parizeau, que l’on considère comme un bourgeois.

En réalité, Québec-Presse veut faire du journalisme d’enquête. Le monde des affaires, la finance et la politique deviennent les sujets de prédilection des journalistes Jacques Keable et Gérald Godin. « C’est vraiment l’héritage le plus prégnant de Québec-Presse », déclare Jonathan Livernois.

Des tensions apparaissent dans l’équipe de rédaction lorsque la volonté de couvrir le sport professionnel supplante l’objectif initial de s’intéresser au sport amateur. De plus, le lectorat n’est pas au rendez-vous.

En terminant, Jonathan Livernois analyse l’influence de Québec-Presse sur d’autres publications du genre et s’interroge sur la possibilité qu’un tel journal existe aujourd’hui.