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Aujourd'hui l'histoire de la convention de la Baie-James

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois, un traité historique

Aujourd'hui l'histoire de la convention de la Baie-James

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois, un traité historique

Robert Bourassa (à gauche), Billy Diamond (au milieu à gauche) ainsi que deux autres représentants du gouvernement des nations crie et inuite ayant signé la Convention de la Baie-James.
Robert Bourassa (à gauche), Billy Diamond (au milieu à gauche) ainsi que deux autres représentants du gouvernement des nations crie et inuite ayant signé la Convention de la Baie-James.PHOTO : Radio-Canada / Presse Canadienne
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 3 octobre 2022

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975 a marqué une nouvelle ère de collaboration entre le gouvernement du Québec et les Cris. La signature de l'entente s'est faite après d'âpres négociations entre les deux parties, comme le rappelle l'historien Médérik Sioui.

Robert Bourassa voulait à tout prix développer la baie James, mais les Cris sont venus lui rappeler que le territoire était habité et que les droits autochtones ne pouvaient plus être bafoués.

Les travaux commencent au début des années 1970. À cette époque, les Cris ne sont pas organisés et ne détiennent aucune structure politique commune. Avec à leur tête le jeune Billy Diamond, ils se fédèrent alors dans le Grand Conseil des Cris. « C’est un beau moment dans l’histoire, parce qu’il y a une unité face au projet et ils n’en dérogeront pas tout au long des négociations », affirme Médérik Sioui.

Les Cris font appel aux tribunaux en faisant valoir leurs droits. Le 15 novembre 1973, coup de théâtre : le juge Albert Malouf, de la Cour supérieure du Québec à Montréal, ordonne l’arrêt de tous les travaux à la baie James.

Médérik Sioui rappelle qu’avant cette décision d’Albert Malouf, l’affaire de Calder de 1973 a reconnu pour une première fois l’existence de droits ancestraux. L’historien souligne également l’important appui juridique de l’Association des Indiens du Québec dans la cause des Cris.

Une semaine après le 15 novembre 1973, la Cour d’appel casse la décision du juge Malouf et permet la reprise des travaux. Dès lors, le gouvernement du Québec adopte tranquillement une nouvelle attitude plus conciliante.

Les négociations débloquent le 11 novembre 1975, après d’intenses pourparlers. Le gouvernement du Québec peut achever la construction des barrages et reconnaît en contrepartie des droits particuliers aux Cris. Il leur verse aussi une indemnité de 225 millions de dollars sur 20 ans.

« On est vraiment à la croisée des chemins entre la modernité et l’héritage colonial de négociation, d’extinction des droits des Premières Nations. »

— Une citation de  Médérik Sioui, historien

Également au cours de cette émission, Médérik Sioui analyse les leçons à retenir aujourd’hui de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et explique quels en sont ses éléments négatifs.