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Début du contenu

Les ramancheurs, ces héritiers d’un savoir très ancien

Un ramancheur soigne un homme qu'on voit de dos, alors que deux hommes et une infirmière les regardent.
Un ramancheur soigne un homme.PHOTO : Getty Images / MacGregor
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 24 septembre 2022

Les ramancheurs redressaient la colonne vertébrale, replaçaient les os et corrigeaient les luxations. Ils occupaient une place importante dans les récits folkloriques québécois, car leurs compétences intriguaient et fascinaient à la fois le peuple canadien-français. L'ethnologue Serge Gauthier nous parle de ce métier disparu.

Cette pratique existe partout depuis la nuit des temps. « On peut dire même que le célèbre médecin grec Hippocrate était une sorte de ramancheur, estime Serge Gauthier. Les ramancheurs sont des gens qui pratiquent un métier avant l’arrivée de la médecine scientifique. »

Le ramancheur replace l’entorse, la luxation et la fracture. Les agriculteurs et les bûcherons de l’époque se blessent fréquemment et les médecins sont loin dans le Québec rural de l’époque. « Le don, on dit que c’est le diplôme du ramancheur », fait remarquer Serge Gauthier.

« On a plus confiance aux ramancheurs qu’aux médecins pour les fractures. »

— Une citation de  Serge Gauthier, ethnologue

Des ramancheurs célèbres

Flavien Boily devient un des premiers ramancheurs à vivre de son métier, au 19e siècle, à Charlevoix. « Selon la tradition, on lui donnait ce qu’on voulait, affirme Serge Gauthier. On dit que Boily, à la fin de sa vie, était très à l’aise financièrement. » Dans cette famille, ce métier se transmet de père en fils et de père en fille, et les ramancheurs de la famille Boily s’exerçaient sur des animaux.

En Beauce, Noël Lessard est très connu. Cependant, ce métier n’était pas uniquement rural, des ramancheurs le pratiquaient dans des villes, dont Montréal. « Le ramancheur Thomas Boily, au milieu du 20e siècle, était à Montréal très connu; il ramanchait des lutteurs », déclare Serge Gauthier.

Avec l’arrivée de la médecine scientifique, ce métier disparaît presque. Dès 1852, des médecins sont formés à l’Université Laval et ils concurrencent les ramancheurs. Des agents provocateurs harcèlent et poursuivent même les ramancheurs, mais pas leurs clients.

Les ramancheurs sont-ils des chiropraticiens ou des physiothérapeutes avant l’heure? « Les chiropraticiens ont fondé une université, ce que les ramancheurs n’ont pas fait. Si les ramancheurs avaient créé une université, peut-être qu’aujourd’hui, ce serait des chiros », répond l’ethnologue.

En terminant, Serge Gauthier dit s’il existe encore des ramancheurs au Québec aujourd’hui.