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Aujourd'hui l'histoire de la caricature politiques au Québec

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La caricature politique au Québec

Aujourd'hui l'histoire de la caricature politiques au Québec

La caricature politique au Québec

Dans une caricature d'Henri Julien, trois politiciens sont sur une balançoire, et deux autres les regardent.
La balance du pouvoir à Québec, une caricature d'Henri Julien publiée dans L'Opinion publique le 20 juin 1878PHOTO : BAnQ
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 22 septembre 2022

La caricature politique fait appel à l'humour et est une arme puissante et souvent très efficace. Durant l'Antiquité, elle était déjà présente sous certaines formes. Au Québec, certains caricaturistes sont devenus des légendes, et leurs coups de crayon avaient pour cible la classe politique. Le professeur d'histoire de l'art Dominic Hardy nous les fait connaître.

Les origines de la caricature au Québec remontent à 1759, au moment du siège de Québec. Le brigadier George Townsend s’amusait en réalisant des caricatures du général James Wolfe. « La ligne claire de ces dessins nous laisse comprendre que les dessins sont destinés à une possible publication en Grande-Bretagne si, au retour d’une défaite, il fallait rentrer et amadouer l’opinion publique à Londres », explique Dominic Hardy. Puisque la Grande-Bretagne gagne la bataille de Québec, les dessins ne sont pas publiés.

La caricature revient en 1792, lors des élections des nouveaux parlements du Bas et du Haut-Canada, et surtout à partir des années 1840, lorsque les premiers illustrés satiriques se répandent. « Ce sont des gravures sur bois, souvent des reprises d’images imprimées en Grande-Bretagne ou en France, mais qu’on détourne […] pour parler de la politique locale », affirme Dominic Hardy.

Durant cette période violente de la politique canadienne, Jean-Baptiste Côté vit des heures de gloire en publiant des gravures « farouches » dans des revues s’opposant à la confédération. Ces revues sont majoritairement éphémères, sauf Canadian Illustrated News, en 1869, et L’opinion publique, en 1870. À partir de 1873, Henri Julien devient le caricaturiste attitré de cette revue. Plus tard, il se fait connaître grâce à sa très grande production au Montreal Star : « Quand il dessinait des politiciens […], c’est vraiment comme si ces gens-là étaient venus à son atelier pour poser pour lui », déclare Dominic Hardy.

Plus tard, dans les années 1940, Robert Lapalme cible Maurice Duplessis, avant sa deuxième élection comme premier ministre du Québec. Lorsque Robert Lapalme se joint au Devoir en 1952, il continue de critiquer le politicien avec ses dessins.

Les politiciens sont la principale cible des caricaturistes. « Il y a un respect fondamental dans la classe politique, […] que malgré tout ce qui se dit et tout ce qui se dessine, […] on respecte le fait qu’il ait ce chroniqueur, cette chroniqueuse en titre dans un journal », estime Dominic Hardy.

En terminant, l’historien de l’art s’exprime sur l’évolution de la caricature au Québec au fil des années et il dévoile la caricature qu’il juge être la plus célèbre.