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L'histoire des brigades rouges racontée par Luca Sollaï

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Les Brigades rouges italiennes et le terrorisme des extrêmes

L'histoire des brigades rouges racontée par Luca Sollaï

Les Brigades rouges italiennes et le terrorisme des extrêmes

Des personnes se trouvent dans l'entrée d'un édifice dévasté par une bombe.
L’entrée de la Banque nationale d’agriculture de Milan en 1969 après un attentat terroristePHOTO : Getty Images
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 25 mai 2022

De la fin des années 1960 au début des années 1980, l'Italie a été le théâtre d'une violence politique exceptionnelle. Les attentats à la bombe, les voitures piégées, les enlèvements et les assassinats se sont succédé. La gauche et la droite se sont radicalisées. Les Brigades rouges ont semé la terreur et les groupes fascistes ont riposté. L'historien Luca Sollaï explique comment ces « années de plomb » ont laissé une empreinte durable en Italie.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Italie connaît une reprise économique sans précédent, qui s’estompe cependant au début des années 1960. Les tensions sociales augmentent et le mouvement de 1968 arrive. Les mouvements ouvriers et étudiants s’allient et commencent à produire des groupes qui s’opposent vivement à l’État.

Dans ce contexte, la droite a de la difficulté à s’affirmer à l’extrême de l’échiquier politique. Elle préfère s’associer aux services secrets italiens dans des activités illégales. La gauche devient radicale, car le Parti communiste italien était devenu illégal durant la guerre. Là, il devient un parti institutionnel et collabore avec le gouvernement.

Le premier acte terroriste est attribué à la droite, en 1969, à Milan. Celle-ci tente de jeter la responsabilité de cet acte à la gauche afin de justifier un virage autoritaire en Italie. Les Brigades rouges se forment à la suite de ces attentats. « C’est le groupe le plus organisé » parmi les 400 autres. Ses membres devaient se vouer à « l’objectif révolutionnaire de faire tomber l’État ».

Aldo Moro pose devant une toile ornée d'une étoile et de l'inscription Rosse.

Aldo Moro, après son enlèvement par les Brigades rouges

Getty Images

Le 16 mars 1978, à Rome, les Brigades rouges enlèvent Aldo Moro, le président du Parti démocrate-chrétien. Son parti était vu comme le symbole de l’État, car il a longtemps gouverné le pays.

« Il était l’idéateur d’une sorte de compromis historique avec les pratiques communistes italiennes et la démocratie chrétienne » pour mieux gouverner le pays entre la droite et la gauche, explique Luca Sollaï.

Les Brigades rouges voient cet accord comme une trahison. Le gouvernement refusant la négociation, les Brigades rouges tuent Aldo Moro. L’extrême droite se venge le 2 août 1980 à Bologne, alors qu’une bombe fait 84 morts et 300 blessés dans cette ville communiste.

« C’était vraiment l’opposition, l’affrontement entre la gauche et la droite extrême, qui allait se reproduire tout au cours des années 1970 et 1980. »

— Une citation de  Luca Sollaï, historien

Le gouvernement italien fait adopter des lois pour limiter le terrorisme. D’anciens membres se mettent à table, mais ils demeurent convaincus de leur lutte. « Ils avaient quand même ce fond noble d’essayer de changer le parcours de la classe ouvrière en Italie », souligne Luca Sollaï.