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L'histoire de la drave racontée par Raymonde Beaudoin

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La drave, un métier intimement lié à l’histoire du Québec

L'histoire de la drave racontée par Raymonde Beaudoin

La drave, un métier intimement lié à l’histoire du Québec

Un draveur tente de dégager la rivière obstruée par des billes de bois.
La drave au QuébecPHOTO : Fonds de la Compagnie Price Brothers/Myron Ehrenberg
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 19 mai 2022

Au printemps, les draveurs allaient dans le bois, armés de perches, de gaffes et de tourne-billes. Debout sur les « pitounes » ou dans l'eau jusqu'à la ceinture, ils faisaient franchir aux billots de bois des centaines de kilomètres de rivières, de chutes et de lacs. Raymonde Beaudoin, auteure du livre Il était une fois des draveurs, nous raconte l'histoire de la drave.

Le père de Raymonde Beaudoin était draveur et, enfant, elle a vécu dans un camp de bûcheron pendant un an. Elle précise d’ailleurs la différence entre bûcherons et draveurs. Les bûcherons abattent les arbres et étaient près de 35 000 dans les années 1940, alors que « les draveurs sont ceux qui acheminaient les arbres qui flottaient librement sur la rivière [jusqu’aux papetières] ».

La drave remonte à l’apparition des papetières en 1910 et s’est pratiquée majoritairement jusque dans les années 1980. Les papetières géraient la drave et engageaient les draveurs, « qui étaient difficiles à trouver », précise Raymonde Beaudoin. Les villageois acceptaient ce dur travail, car il était un peu mieux payé que celui de bûcheron.

Les conditions de vie des draveurs étaient « épouvantables », mais différaient selon les lieux de drave. « Les gens dormaient dans des tentes, mangeaient ce qu’ils pouvaient », raconte Raymonde Beaudoin. Certains camps étaient plus confortables que d’autres : « Les conditions et le travail variaient d’un endroit à l’autre. »

Un folklore un peu faux

Ce métier casse-cou a inspiré nombre d’œuvres comme les livres Menaud, maître-draveur, de Félix-Antoine Savard, La chasse-galerie, d’Honoré Beaugrand, et la chanson Les draveurs de la Gatineau, de Raoul Roy. Raymonde Beaudoin remet sérieusement en question le mythe du draveur capable de descendre la rivière sur un billot. « C’était kamikaze. Il n’y a jamais de draveurs qui ont travaillé en équilibre sur un billot », précise-t-elle.

La fin d’une époque

Durant les années 1970, des riverains et des groupes environnementaux font des pressions pour que cesse la drave. « Vers 1980, ces groupes commencent à gagner », détaille Raymonde Beaudoin. En même temps, des procédés chimiques pour la fabrication du papier sont découverts, et remplacent peu à peu le bois de pulpe. Enfin, l’amélioration du réseau routier nuit grandement à la drave, qui se poursuit sur la rivière Saint-Maurice jusqu’en 1995.

Pour Raymonde Beaudoin, qui tient à ce que le travail des draveurs soit reconnu, « ce n’était pas des fiers-à-bras. C’était des gens débrouillards, disciplinés. »