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Oum Kalsoum, la voix du monde arabe avec Alain Farah

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Oum Kalsoum, la grande voix du monde arabe

Oum Kalsoum, la voix du monde arabe avec Alain Farah

Oum Kalsoum, la grande voix du monde arabe

Oum Kalsoum chante sur scène avec ses musiciens derrière elle.
Oum Kalsoum à l'Olympia de Paris en 1967PHOTO : Getty Images / STRINGER
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 15 avril 2022

Avec ses lunettes noires, son chignon serré et son mouchoir blanc, Oum Kalsoum s'est forgé une légende. Debout sur scène pendant des heures, elle a chanté Dieu, le président Nasser, mais surtout l'amour. Dans son roman Mille secrets mille dangers, le professeur de littérature française Alain Farah, né à Montréal de parents libanais d'Égypte, consacre plusieurs pages à cette chanteuse.

Oum Kalsoum est née dans un tout petit village d’Égypte. Son père religieux a remarqué son grand talent pour le chant. Puisqu’elle est une fille, il l’a habillé en petit Bédouin pour qu'elle performe dans les cérémonies religieuses.

En 1922, elle s’est installée au Caire et s’est produite très rapidement devant le roi Fouad. Dans les années 1930, elle a commencé à effectuer des tournées dans tous les pays arabes, puis elle est devenue une vedette du cinéma. Oum Kalsoum a réussi à fédérer tous les Arabes, y compris des juifs d’Afrique du Nord.

Ses habiletés politiques

Après la chute de la royauté en 1952, Oum Kalsoum a réussi à gagner la confiance du nouvel homme fort d’Égypte, Gamal Abdel Nasser, même si elle était associée à l’ancien régime. Bien des personnes ont voulu en faire une collaboratrice de ce régime, « mais on ne réalise pas qu’elle transcende tout ça et que, au contraire, à partir du moment où elle va revenir dans les bonnes grâces du nouveau régime, elle va révéler les Égyptiens à eux-mêmes, dans un contexte où ils étaient jusqu’à ce moment-là décolonisés », explique Alain Farah.

De longues chansons

Désintéressée par les formes artistiques de l’Occident, Oum Kalsoum n’interprétait pas de chansons de trois minutes, mais plutôt de longues pièces d’une heure. Ses concerts s’étiraient donc très tard dans la nuit.

« C’est un répertoire, Oum Kalsoum, de 400 chansons, influencées notamment par le chant religieux. »

— Une citation de  Alain Farah, auteur

Son chant était également marqué par le tarab, cette notion particulière à la musique qui s’apparente à la note bleue, ce « moment où la mélodie change d’un quart de ton et fait vibrer le cœur », décrit Alain Farah.

« Par la puissance de son chant, [Oum Kalsoum] est capable de produire quelque chose dans le corps de la personne qui l’écoute. »

— Une citation de  Alain Farah, auteur

Oum Kalsoum s’est durablement imposée partout dans le monde arabe. À sa mort en 1975, elle a eu droit à des funérailles nationales.