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Les origines du hip hop québécois avec Félix B. Desfossés

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Les origines du hip-hop québécois : du disco au breakdance

Les origines du hip hop québécois avec Félix B. Desfossés

Les origines du hip-hop québécois : du disco au breakdance

Un jeune homme fait du breakdance sur une scène alors que deux autres danseurs le regardent.
Pierre Perpall fils et son groupe New Energy offrent une prestation de breakdance à la télévision en 1984.PHOTO : Radio-Canada
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 8 avril 2022

Malgré une scène bouillonnante, le rap québécois a longtemps été ignoré par les médias traditionnels. Inspiré par le son new-yorkais, il s'est frayé un chemin dans les soirées disco et les fêtes dans des salles communautaires. Félix B. Desfossés, journaliste spécialisé en histoire de la musique, explique comment ce genre musical s'est imposé.

Dans son livre Les racines du hip-hop au Québec, tome 1, Félix B. Desfossés a donné la parole aux pionniers du « rap keb », dont DJ Ray : « Il apprend la culture du DJ avec son père en faisant jouer du ska, du reggae, du calypso, etc., et quand la musique disco arrive, [il] devient lui-même un DJ. […] Il va commencer à faire des rimes par-dessus la musique disco, et c’est comme ça que, tranquillement, [il] va devenir à peu près le premier rappeur à Montréal », raconte Félix B. Desfossés.

Le hip-hop s’est enraciné à Montréal lorsque les pionniers Flight et Butcher T ont organisé dans leur communauté haïtienne et jamaïcaine respective des fêtes dans des salles communautaires où l'on jouait du disco, du funk, du R’n’B et, peu à peu, du hip-hop.

Autre point marquant : la station de radio CKGM-AM a fait confiance au DJ Michael Williams avec son émission spécialisée sur le hip-hop diffusée le samedi soir.

« DJ Ray va même proposer à Michael Williams d’enregistrer un thème pour son émission de radio […], et c’est le premier enregistrement de rap qui se fait à Montréal venant de la communauté hip-hop, au début des années 1980. »

— Une citation de  Félix B. Desfossés, journaliste spécialisé en histoire de la musique

Le breakdance

Le disco a amené toutes sortes de danses, qui se sont développées pour donner un style appelé le breakdance. Break Dance ‘84 a été le premier événement grand public de hip-hop à Montréal, au Spectrum. « Les médias vont vraiment s’intéresser de manière sérieuse à la culture hip-hop », raconte Félix B. Desfossés.

Par la suite, le breakdance s’est étiolé, et durant les années 1990, la culture hip-hop a pris une autre tournure. Au Québec, le rap francophone est devenu une force créatrice.

« Dubmatique [va] ouvrir complètement les portes de l’industrie avec le succès Soul pleureur. […] Les choses ne seront plus jamais les mêmes pour la communauté hip-hop. »

— Une citation de  Félix B. Desfossés, journaliste spécialisé en histoire de la musique

Après ce succès, Muzion et Sans Pression se sont fait remarquer avec un rap « franglais street slang », un mélange d’anglais, de français et de créole haïtien. « Tranquillement, les portes vont s’ouvrir pour un rap qui vient plus de la rue », précise Félix B. Desfossés.

Malgré la lente reconnaissance de l’industrie musicale, le « rap keb » est devenu un style musical marquant.