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L’antijudaïsme au Québec, influencé par L’Action catholique et le nazisme

Cinq jeunes personnes regardent devant eux.
Un groupe de jeunes Juifs russes dans le port de Québec, 1911. PHOTO : Bibliothèque et Archives Canada/William-James Topley
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 19 janvier 2022

L'Action catholique, un journal de Québec fondé en 1907, était soutenu par l'Église et représentait les opinions d'une grande partie de l'élite francophone conservatrice. Durant de nombreuses années, ce quotidien s'est vivement opposé à l'immigration juive. Les explications de Pierre Anctil, historien et spécialiste de la culture juive.

L’Action catholique était le plus important journal de Québec : « Il est conservateur, ruraliste et souvent antimoderne et, bien sûr, antijudaïque », raconte Pierre Anctil.

À l'Époque, un courant libéral est très présent dans la société canadienne-française avec les journaux Le Soleil, La Patrie et La Presse, « qui s’intéressent assez peu à l’idéologie et aux courants d’idées », et qui offrent surtout de l’actualité.

De 1901 jusqu’au début de la Deuxième Guerre mondiale, le Canada reçoit environ 2 millions d’immigrants. « C’est la plus grande vague migratoire de l’histoire canadienne, encore plus qu’aujourd’hui », fait remarquer Pierre Anctil. Les juifs comptaient pour 3 à 5 % de l’immigration et se sont plutôt établis dans l’Ouest canadien.

« Le Canada français a eu tendance à se replier sur lui-même et à rejeter en bloc l’immigration et les immigrants au sein de son propre monde. »

— Une citation de  Pierre Anctil, historien

Mais surtout, l’Église a des convictions antijudaïques, car elle affirme que les juifs ne se sont pas convertis au christianisme. Quand apparaît le nazisme, qui accuse les juifs d’avoir inventé le communisme, L’Action catholique y adhère. « Cette position ne tient pas la route très longtemps parce que, rapidement, les nazis persécutent aussi les catholiques. » À partir de 1935, le journal commence « à avoir de sérieux doutes » sur le nazisme. Enfin, Divini Redemptoris, l’encyclique de 1937 du pape Pie-IX qui condamne le nazisme, fait changer d’idée le journal.

« Après mars 1936, il ne reste plus qu’Adrien Arcand et ses fidèles pour continuer d’afficher la croix gammée. »

— Une citation de  Pierre Anctil, historien

En terminant, Pierre Anctil rappelle l’importante contribution à Québec du commerçant Maurice Pollack.