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L'histoire de la paresse racontée par Laurent Turcot

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La paresse, entre vice et vertu selon les époques

L'histoire de la paresse racontée par Laurent Turcot

La paresse, entre vice et vertu selon les époques

Un jeune homme qui tient un livre dans ses mains baille.
Un jeune homme paresseuxPHOTO : Getty Images / Orlando
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 3 décembre 2021

La paresse est à l'origine de tous les maux et de toutes les déchéances. La religion en a fait un péché capital, la Renaissance, une maladie. C'est au 19e siècle qu'on a revendiqué le droit à la paresse. Cette forme d'émancipation devait, en principe, nous mener vers la société des loisirs. L'historien Laurent Turcot nous en dit plus sur la paresse.

Selon le dictionnaire Le Petit Robert, la paresse est « un goût pour l’oisiveté » et « le comportement d’une personne qui évite l’effort », rappelle Laurent Turcot. Cependant, les origines de ce concept sont fort lointaines.

Dans l’Antiquité, l’otium s’est imposé, en opposition au travail. Ce terme signifiait « qui élève l’âme », « qui est une véritable culture des loisirs ».

La paresse est devenue indésirable lorsque l’Église a commencé à s’imposer en Europe médiévale, grâce au terme « acédie », qui était l’équivalent de la paresse.

« Dès la fin du Moyen-Âge et le début de Renaissance, il y a une philosophie complètement protravail, anti-oisiveté. »

— Une citation de  Laurent Turcot, historien

Cependant, des discours subversifs sont apparus, dont L’éloge de la paresse et du paresseux, de Marivaux.

Au 19e siècle, dans l’ère industrielle avec ses dures conditions de travail, des poètes comme Charles Baudelaire ont vanté la paresse, Karl Marx a dénoncé l’aliénation du travail sur l’humain, et Paul Lafargue a publié Le droit à la paresse en 1880. « Les droits de la paresse sont mille fois plus nobles et plus sacrés que les droits de l’homme », dit Paul Lafargue.

Lors des revendications prolétariennes au 19e siècle et au début du 20e siècle, « on va prêcher ouvertement pour huit heures de travail, huit heures de repos, huit heures de loisir », affirme Laurent Turcot.

Enfin, l’historien explique comment le confort créé par les trente glorieuses de 1945 à 1975 a redéfini la paresse.