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La fusillade à l'université de Kent State en 1970, avec Karine Prémont

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Massacre de Kent State : des jeunes tués au nom de la paix

La fusillade à l'université de Kent State en 1970, avec Karine Prémont

Massacre de Kent State : des jeunes tués au nom de la paix

Attroupement autour d'un blessé, non loin d'un détachement de la Garde nationale à l'Université de Kent, le 4 mai 1970.
Des témoins tentent de porter secours à une personne blessée lors de la fusillade de l'Université de Kent, le 4 mai 1970.PHOTO : AP / DOUGLAS MOORE
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 8 juin 2021

En 13 secondes, tout était terminé. La Garde nationale venait de tuer quatre étudiants et d'en blesser neuf autres. Le 4 mai 1970, les tensions entre opposants à la guerre du Vietnam et le gouverneur de l'Ohio connaissaient un dénouement tragique. La politologue Karine Prémont raconte à Jacques Beauchamp comment cette tentative de juguler le mouvement pacifiste l'a, au contraire, irrémédiablement galvanisé.

Le 30 avril 1970, le président américain Richard Nixon annonce une expansion de la guerre du Vietnam.

Point chaud en Ohio

Pour les jeunes Américains à risque d’être conscrits, une telle décision ne passe pas. Dès le lendemain soir à Kent, en Ohio, une manifestation éclate. La ville universitaire était déjà sous tension en raison de la présence d’un groupe terroriste d’extrême gauche appelé Weathermen.

À la suite d’affrontements avec la police, le maire ferme le centre-ville et ses bars.

Le 2 mai, les manifestations se déplacent vers le campus de l’Université publique de Kent. Le gouverneur James Rhodes appelle la Garde nationale et une rumeur annonce la présence de Weathermen.

« Encore aujourd’hui, c’est difficile de déterminer si les gardes étaient en situation de légitime défense, mais disons qu’à part les soldats […], il n’y a personne qui peut corroborer leur version. »

—  Karine Prémont, politologue
Monument à la mémoire d'Allison Krause, de Jeffrey Miller, de Sandra Scheuer et de William Schroeder, morts lors de la fusillade de l'Université d'État de Kent, le 4 mai 1970.

Monument à la mémoire des victimes de la fusillade de l'Université d'État de Kent

AP / Gene J. Puskar

Chaotique et dramatique

Le 4 mai, une autre manifestation a lieu sur le campus. La Garde nationale est accueillie par des jets de pierre. Un détachement se retrouve pris en cul-de-sac. Un ou deux coups de feu sont tirés, puis une rafale.

Jeffrey Miller, Allison Krause, William Schroeder et Sandra Scheuer, toutes et tous âgés de 19 ou 20 ans, meurent par balle.

Selon un sondage mené peu de temps après, près de 60 % de la population américaine blâme les universitaires pour cette tragédie.

Au cours de cette émission, Karine Prémont résume les conséquences de cette affaire pour les corps de police et pour le gouvernement Nixon.