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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
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Le procès de Maurice Papon, un examen de conscience pour les Français

Le procès de Maurice Papon raconté par Martin Laberge

Le procès de Maurice Papon, un examen de conscience pour les Français

Publié le 27 avril 2021
Maurice Papon, vêtu d'un complet, manteau au bras, lors d'une promenade en 1997.
Maurice Papon (1910-2007) en 1997PHOTO : afp via getty images / DERRICK CEYRAC

Comment un ancien fonctionnaire ayant autorisé la déportation de 1700 Juifs durant la Seconde Guerre mondiale a-t-il pu ensuite devenir ministre et « serviteur de l'État »? En 1997, le procès retentissant d'un homme soutenu par Mitterand a amené la France à revisiter une douloureuse page de son histoire. Martin Laberge, professeur d'histoire et de relations internationales, explique à Jacques Beauchamp qu'il ne s'agissait pas du procès d'un seul homme, mais de toute la France de l'Occupation.

Le 6 mai 1981, Le canard enchaîné révèle la participation de l’ancien ministre, député et préfet de police Maurice Papon dans la déportation de Juifs vers les camps de la mort entre 1942 et 1944.

Déni et délais

Des documents incriminants découverts à la fin des années 1970 mettent à mal l’image d’un homme pourtant associé à la résistance.

Il faut près de 17 ans d’instruction avant le début du procès. Selon Martin Laberge, l’affaire rend la classe politique perplexe. Le président François Mitterand intervient pour ralentir les procédures.

Un procès pas comme les autres

Lorsque le procès débute, le 8 octobre 1997, il est un feu roulant de rebondissements. Papon refuse d’être photographié dans le box des accusés, et la défense conteste sa détention obligatoire.

Maurice Papon, assis à son bureau de préfet de la Corse en janvier 1947.

Maurice Papon en 1947

afp via getty images / STF

« C’est la fin d’une vision gaulliste de la France de la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire d’un peuple soudé derrière De Gaulle, et qui est prêt à faire ce qu’il faut lorsque les circonstances le demandent. »

—  professeur d'histoire et de relations internationales

Parole libérée

Alors que Maurice Papon clame son innocence, victimes, résistants et historiens s’adonnent pendant six mois à ce que Martin Laberge appelle une « libération de la parole » au sujet du régime de Vichy.

Maurice Papon est reconnu coupable de complicité de crimes contre l’humanité le 2 avril 1998, et condamné à 10 ans de prison.

Au cours de cette émission, Martin Laberge raconte également l’évasion inattendue de Maurice Papon avant son incarcération.