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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
La haine, un film culte et un phénomène social

La haine, film culte de Mathieu Kassovitz, avec Helen Faradji

La haine, un film culte et un phénomène social

Publié le 16 avril 2021
L'acteur Vincent Cassel pointe un fusil imaginaire vers un  miroir de salle de bain dans une scène du film La haine (1995), de Mathieu Kassovitz.
Vincent Cassel dans La haine (1995)PHOTO : YouTube

Succès critique, triomphe en salle, il a révélé l'ampleur de la violence des banlieues parisiennes, mais aussi le talent de Mathieu Kassovitz et de Vincent Cassel. C'est tout le concept de racisme systémique qu'il a mis au jour, avec des années d'avance, en 1995, à travers 24 heures dans la vie de trois jeunes habitants racisés d'une « cité ». Helen Faradji, chroniqueuse cinéma, explique à Jacques Beauchamp que l'histoire de La haine est aussi celle d'un refus du compromis.

Mathieu Kassovitz a 25 ans lorsqu’il s’attaque à la réalisation de son deuxième long métrage.

Il souhaite d’abord adapter l’un de ses courts métrages, mais un fait divers le fait changer de trajectoire : la mort de Makomé M'Bowolé, un adolescent de 17 ans, à la suite d’une bavure policière. Il s’agit alors du dernier d’une longue suite d’incidents du genre en France, et Kassovitz convainc ses producteurs de plutôt le laisser faire un film sur la réalité des banlieues.

Pas question d’adoucir

Kassovitz dispose de 2,59 millions d’euros, un budget qui aurait pu être moins modeste n’eussent été ses réticences à filmer en couleurs, à réécrire ou à sous-titrer les dialogues en verlan, ou à inclure au scénario une histoire d’amour.

« Les images sont celles d’endroits en ruines, en désolation, avec une impression désertique, comme si ces jeunes-là avaient été abandonnés par la société. »

—  Helen Faradji, chroniqueuse cinéma
Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui, Mathieu Kassovitz et Vincent Cassel badinent au Festival de Cannes, le 28 mai 1995.

L'équipe de La haine à Cannes : Hubert Koundé, Saïd Taghmaoui, Mathieu Kassovitz et Vincent Cassel

Getty Images / Eric Camoin

Course à obstacles

Le film est tourné à la cité de Noë, à Chanteloup. L’équipe est victime d’un cambriolage. Mathieu Kassovitz doit persuader les habitants que le but du film n’est pas de les exploiter.

Au Festival de Cannes, La haine reçoit le prix de la mise en scène, mais des policiers présents sur place font publiquement dos à l’équipe pour protester contre ses dures critiques vis-à-vis les forces de l’ordre.

Au cours de cette émission, Helen Faradji parle également de l’évolution des banlieues parisiennes depuis la sortie du film.