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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
L’enfance volée des petits immigrés anglais envoyés au Canada

Les "British Home Children" du Canada, avec Harold Bérubé

L’enfance volée des petits immigrés anglais envoyés au Canada

Publié le 17 mars 2021
Groupe de jeunes garçons devant un wagon de train en avril 1923.
Des pensionnaires d'un orphelinat londonien en route vers le travail de ferme au Canada, 1923PHOTO : Getty Images / Topical Press Agency

Ils sont près de 100 000 à avoir été dépêchés au Canada entre 1869 et 1939. Leurs descendants composent 10 % de la population actuelle. Issus de la pauvreté, souvent enlevés à leurs parents, ils se faisaient promettre l'abondance et l'adoption en échange de travail, mais y trouvaient plutôt l'exploitation et l'abus. Harold Bérubé, professeur d'histoire, parle à Jacques Beauchamp d'une initiative qui partait pourtant de bonnes intentions.

Dans les années 1830, la révolution industrielle fait grossir les villes britanniques. Des réformistes s’inquiètent du sort des enfants des quartiers populaires.

Des spécialistes estiment que Londres compte « trop d’enfants » et que ceux-ci devraient être envoyés dans les colonies, où la main-d’œuvre fait défaut. Dès 1832, on en envoie en Australie, en Afrique du Sud, mais surtout au Canada.

Adoption ou placement?

Harold Bérubé décrit le vaste réseau qui accueille ces enfants pour ensuite les rediriger vers des familles canadiennes. Ils travaillent principalement en agriculture ou comme domestiques.

« On les présente […] comme des orphelins qu’on sauve de la misère, mais à peu près les deux tiers d’entre eux ont encore un parent vivant lorsqu’ils sont expédiés aux quatre coins de l’empire. »

—  Harold Bérubé, professeur d’histoire
Groupe de jeunes garçons agitant leur chapeau en signe d'aurevoir sur le pont d'un navire.

Des orphelins anglais en route vers le travail de ferme au Canada, 1923

Getty Images / Topical Press Agency

Fausses promesses

Rares sont les petits immigrés anglais (« Home Children », en anglais) à être adoptés par leur famille d’accueil. Ils sont plutôt traités comme des travailleurs sous contrat jusqu’à leur majorité. Leur éducation est rarement prise en charge, et beaucoup sont victimes d’abus physiques ou sexuels.

Le programme est vertement critiqué, mais il faut attendre la crise économique des années 1930 pour qu’il soit abrogé.

Au cours de cette émission, Harold Bérubé explique ce qui advenu de ces enfants, et révèle également ce qu’ont fait les gouvernements pour reconnaître leur existence.