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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Arvida, la ville industrielle modèle

L'histoire de la ville d'Arvida, avec Jérôme Gagnon

Arvida, la ville industrielle modèle

Publié le 3 février 2021
Des maisons dans une rue enneigée d'Arvida.
Une rue typique d'Arvida, aujourd'hui fusionnée à JonquièrePHOTO : Radio-Canada / Sarah Pedneault

Oregon, Tennessee, Caroline du Nord... Le modèle d'aménagement de la ville du Saguenay a été repris partout et enseigné dans les manuels de planification urbaine. Elle a beau avoir été créée, construite et administrée par la multinationale Rio Tinto Alcan, elle témoigne d'un réel souci de fournir des conditions de vie agréables aux travailleurs de l'aluminium. Jérôme Gagnon, professeur d'histoire, raconte à Jacques Beauchamp comment, au cœur des années 1920, on a pu construire 270 maisons en 135 jours.

En 1925, Rio Tinto Alcan est Alcoa. Pour construire sa nouvelle usine d’aluminium, dont la production nécessite d’énormes quantités d’électricité, l’entreprise se laisse séduire par la nouvelle centrale de L’Îsle-Maligne, au Saguenay, alors le plus gros projet hydroélectrique au monde.

Pour attirer la main-d’œuvre dans une région aussi éloignée, la ville qui abritera ses travailleurs se doit d’être agréable et bien desservie. Alcoa mandate donc des architectes et des ingénieurs américains afin de concevoir une ville conforme aux dernières normes d’habitation.

Photo datant de 1979 de l'usine d'Alcan, au Saguenay.

L'usine d'Alcan en 1979

Radio-Canada

Toute une ville

Arvida – ainsi nommée d’après Arthur Vining Davis, directeur général d’Alcoa – aura des artères larges, de belles demeures, des parcs un peu partout, ainsi que des écoles et des églises en nombre suffisant.

La construction débute en 1926. Les pièces des maisons sont préfabriquées, puis transportées directement dans les rues de la nouvelle ville sur des voies ferrées temporaires.

« Oui, la ville doit être utilitaire, mais elle doit aussi être agréable. […] On veut un ouvrier qui est heureux dans son milieu de travail, dans l’espace qu’il habite. »

—  Jérôme Gagnon

Le développement d’Arvida passe en deuxième vitesse durant la Deuxième Guerre mondiale, lorsqu’Alcoa doit contribuer à l’effort de guerre et augmenter sa production d’aluminium.

En 1937, les conditions de travail difficiles chez Alcoa provoquent la création d’un syndicat national catholique, selon un modèle déjà bien implanté au Saguenay. Deux grands conflits, en 1941 et en 1957, établissent les bases de la négociation syndicale dans la région.

Au cours de cette émission, Jérôme Gagnon parle également des démarches pour faire reconnaître Arvida dans le patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).