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Glenn Gould : surdoué du piano, géant de l’excentricité

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La vie de Glenn Gould racontée par Georges Leroux

Glenn Gould : surdoué du piano, géant de l’excentricité

La vie de Glenn Gould racontée par Georges Leroux

Verre à la main, le pianiste Glenn Gould (à dr.) discute avec le chef d'orchestre Josef Krips, le 19 mai 1959, à Londres.
Verre à la main, le pianiste Glenn Gould (à dr.) discute avec le chef d'orchestre Josef Krips, le 19 mai 1959, à Londres.PHOTO : Getty Images / Ray Moreton
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 13 juin 2017

Prodigieux pianiste à la technique déconcertante, le Canadien Glenn Gould a connu une carrière époustouflante. Jusqu'à sa mort, en 1982, à 50 ans, cet artiste qui ne reculait devant rien a incarné la recherche, que tout artiste doit conduire durant toute sa vie, de sa perfection personnelle, selon le professeur de philosophie Georges Leroux.

De l’âge de 3 à 5 ans, Glenn Gould a été formé au clavier par sa mère, avant même de savoir écrire et compter. Le professeur Alberto Guerrero a pris la relève. Sa technique particulière a permis au jeune Gould d'acquérir une irréprochable technique au clavier.

« Cela lui a donné une maîtrise prodigieuse. Il pouvait faire des choses qu’aucun autre pianiste ne pouvait faire », explique le professeur émérite de l’Université du Québec à Montréal.

Le jeune prodige bouleverse les mélomanes
Diplômé du Conservatoire royal de musique de Toronto à 12 ans, Glenn Gould est devenu soliste avec l’Orchestre symphonique de Toronto à 14 ans. Un début de carrière fulgurant qui a pris un tournant autrement plus important en 1955, lorsqu’il a enregistré les Variations Goldberg de Bach pour la maison Columbia. Le disque l’a rendu immédiatement célèbre. Les tournées mondiales se sont succédé à partir de ce moment.

« Ce disque était si beau, si prodigieux. J’ai accompagné Gould à partir de ce moment. J’ai vécu dans sa vie personnelle. J’ai suivi sa vie brillante, et sa détresse aussi », avoue Georges Leroux en admirateur transi.

Il s’est frotté plusieurs fois aux Variations Goldberg, notamment en 1981, un an avant sa mort. Il a réalisé à cette époque un second enregistrement qui démontrait son évolution musicale.

« Gould n’a cessé d’approfondir le privilège de la lenteur. C’est-à-dire le privilège de l’imprégnation lente dans la conscience que nous avons de l’œuvre musicale, de l’effet qu’elle a sur nous. »

— Une citation de  Georges Leroux

La fin des concerts, la fin d’une vie de talent
Glenn Gould disait que le concert était une expérience de cirque dans laquelle l’artiste est méprisé. En 1964, c’en était fini des prestations en public. Il ne supportait plus la vulgarité du publics ni les bruits en salle, et il détestait se livrer au jeu médiatique.

Gould s’est concentré sur son travail en studio, constamment à la recherche de la perfection sonore, de la pureté de la représentation musicale. Son travail d’éducation du public s’est intensifié, notamment grâce aux émissions qu’il animait à la radio de CBC.

Excentrique aux manières maladives, Glenn Gould est mort en 1982.

« Sa mort était prévisible. Elle était inscrite dans son rapport à son propre corps. Un incident a été majeur dans sa vie quand un technicien, juste par marque d’affection, l’a tapé, peut-être un peu fort, sur l’épaule. Gould a eu le sentiment que son épaule avait été massacrée. »