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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
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La vie d'Oscar Romero racontée par Catherine Foisy

La vie d'Oscar Romero racontée par Catherine Foisy

Oscar Romero, l’archevêque assassiné pour avoir défendu les pauvres

Publié le 1 mai 2017
Des croyants visitent la tombe de l'archevêque Oscar Romero, à San Salvador, en 2015, quelques semaines avant la béatification du religieux.
Des croyants visitent la tombe de l'archevêque Oscar Romero, à San Salvador, en 2015, quelques semaines avant la béatification du religieux.PHOTO : Getty Images / Marvin Recinos

Devenu tardivement un défenseur des droits de la personne, Mgr Oscar Romero a payé de sa vie, en 1980, le soutien apporté aux sans-voix du Salvador, pays déchiré par la répression militaire. C'est le meurtre d'un collègue jésuite, trois ans plus tôt, qui lui a ouvert les yeux sur le sort misérable de son peuple, relate la professeure en sciences des religions Catherine Foisy.

Ordonné prêtre en 1942, à l’âge de 25 ans, Romero est destiné à demeurer un simple curé de paroisse, sans grande envergure. Toutefois, il compte parmi ses amis des gens très puissants au Salvador. Il monte en grade au sein de l’Église du pays et devient archevêque de la paroisse de San Salvador en 1977.

« Au début de son mandat, il est vu comme un homme clérical, c’est-à-dire qui est là pour servir une Église qui est proche des puissants. Il est loin de l’homme qu’il deviendra à la fin de sa vie, défenseur des droits de la personne et progressiste », souligne Catherine Foisy, professeure à l’Université du Québec à Montréal.

La mort près de soi
Romero est profondément marqué par la mort violente de son ami, le prêtre Rutilio Grande, assassiné par des escadrons de la mort au service du régime militaire au pouvoir au Salvador. Sans attendre, Oscar Romero emprunte à son tour le chemin militant de son ami disparu. Il multiplie les actions et les discours pour dénoncer la situation politique qui gangrène le Salvador.

« Romero envoie une lettre au président Jimmy Carter, dans laquelle il explique que le peuple salvadorien veut la justice et la paix, qu’il veut un pays où les femmes ne seront pas violées et où les enfants ne seront pas abattus. »

Mort d'un prêtre qui dérange le pouvoir
Le 24 mars 1980, un projectile d’arme à feu l’atteint en plein cœur alors qu’il célèbre l’eucharistie à la basilique de San Salvador. Il meurt en quelques minutes. La veille de son assassinat, Mgr Romero avait prononcé un discours dans lequel il invitait la junte militaire à ne plus tuer de paysans, et avait sommé le gouvernement de cesser la répression.

L’onde de choc causé par sa mort est immense au Salvador. Plus de 350 000 personnes assistent à ses funérailles au cours desquelles le sang coule à nouveau : une bombe explose, des coups de feu se font entendre, de nombreux décès sont à déplorer.

En mai 2015, Oscar Romero est béatifié par le pape François. On le qualifie de martyr par la parole, puisqu’il est mort après avoir pourfendu la répression militaire dans ses allocutions.