•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Votre destination audio, maintenant aussi sur le web !

Début du contenu

Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
La longue et pharaonique aventure hydroélectrique de la baie James

L'aventure hydroélectrique de la Baie James, avec Jean-Benoît Nadeau

La longue et pharaonique aventure hydroélectrique de la baie James

Publié le 19 novembre 2020
Vue du chantier hydroélectrique de la baie James en 1991.
Le chantier de la baie James en 1991PHOTO : Radio-Canada / Robert Baron

Plus de 1500 km de route construits dans la taïga, des dizaines de ponts, cinq aéroports... Lancé par Robert Bourassa pour répondre à la demande croissante du Québec et relancer l'économie de la province, l'ambitieux projet d'aménagement hydroélectrique a représenté un chantier colossal, échelonné sur plusieurs décennies, et le travail de 200 000 personnes pour qui des villes entières ont été construites. Le journaliste Jean-Benoît Nadeau raconte à Jacques Beauchamp comment la question autochtone s'est imposée tout au long de cette épopée.

Fosses pour turbines dans une galerie d'une future centrale de la baie James.

Intérieur d'une galerie où l'on a creusé des fosses pour les turbines

Radio-Canada

En 1971, Hydro-Québec et le gouvernement de Robert Bourassa savent que la province sera à court d’électricité dans les dix ans. Avec son vaste projet de construction de centrales sur la Grande Rivière – la deuxième en importance au Québec – au coût de 5 milliards de dollars, le premier ministre espère créer 100 000 emplois sur-le-champ.

Il faut faire vite. Or, les connaissances du territoire sont minimes. Quand la construction d’une route pour y arriver commence, l’année même, l’emplacement des barrages n’est même pas déterminé.

Quand tout est à construire

Pour les travailleurs qui, jusqu’en 1974, construisent les infrastructures, les conditions sont extrêmement difficiles, entre les moustiques et les feux de forêt l’été et l’isolement et le froid sibérien l’hiver.

En revanche, ceux des trois grandes phases du chantier, lancées respectivement en 1977, en 1985 et en 2002, ont accès à des commerces et services aménagés pour eux : cinémas, bars, chapelles, etc.

« Dans les centres récréatifs, on peut tout faire : du karaté, du sport… Il y a même un club de plongée. Il y a vraiment tout là. »

—  Jean-Benoît Nadeau
Vue aérienne d'un camp des travailleurs à la baie James.

Vue aérienne du camp des travailleurs de la centrale La Grande -1, près de Radisson

Radio-Canada

Les Premières Nations ne sont pas prévenues du chantier et en apprennent l’existence dans les médias. Cela provoque la création du Grand Conseil des Cris, qui, en 1973, parvient brièvement à faire interrompre les travaux grâce aux tribunaux. Une entente de principe allège les tensions, mais il faut attendre la Paix des Braves, en 2002, pour que la plupart des différends soient réglés.

En 1974, un employé d’un syndicat, Yvon Duhamel, cause ce qu’on a appelé le « saccage de la baie James » en détruisant, au moyen d’un bélier mécanique, des génératrices et des réservoirs à essence, provoquant un important incendie.

Dans cette émission, Jean-Benoît Nadeau explique pourquoi l’importante opposition au chantier de la baie James a fondu au milieu des années 1970.