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La crise des otages en Iran racontée par Karine Prémont

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
La crise des otages en Iran racontée par Karine Prémont

La crise des otages en Iran racontée par Karine Prémont

Otages américains en Iran : 444 jours de captivité

Un des 66 otages est montré par des militants iraniens à l'extérieur de l'ambassade américaine de Téhéran, le 9 novembre 1979.
Un des 66 otages est montré par des militants iraniens à l'extérieur de l'ambassade américaine de Téhéran, le 9 novembre 1979.PHOTO : La Presse canadienne / AP
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 6 avril 2017

Le 4 novembre 1979, un groupe d'étudiants islamistes a pris en otage 66 Américains à l'ambassade américaine de Téhéran. Dans les mois qui ont suivi, le président Jimmy Carter a tenté sans succès d'obtenir leur libération. La politologue Karine Prémont explique comment cette crise a contribué à l'élection de Ronald Reagan et a obligé les États-Unis à se plier aux demandes de rançon de l'ayatollah Khomeini, le dirigeant iranien.

La révolution islamique en Iran
Le 28 décembre 1978, le shah Mohammed Reza Pahlavi, dont la famille dirige l’Iran depuis les années 1940, annonce qu’il quitte temporairement le pays pour se faire soigner aux États-Unis. L’ayatollah Khomeini, en exil depuis 15 ans, profite alors de la contestation envers le shah pour prendre contrôle du pays. Il revient en Iran le 1er février 1979 et lance la révolution iranienne, qui entraîne la création d’une république islamiste en Iran.

L’ambassade américaine prise d’assaut
Les États-Unis sont l’une des cibles du nouveau régime iranien. En novembre 1979, après deux tentatives ratées, les partisans de Khomeini prennent des fonctionnaires et du personnel diplomatique de l’ambassade américaine en otage. Le chef iranien exige la libération de huit Afro-Américains et de cinq femmes détenus. Il considère que ceux-ci font partie des minorités opprimées par le gouvernement des États-Unis.

« C’est une des premières fois où on remettait en question la puissance américaine. »

—  Karine Prémont, politologue

Une cinquantaine d’otages demeurent prisonniers de leurs ravisseurs pendant plus d’un an. En échange de la libération de ceux-ci, les étudiants iraniens réclament au gouvernement américain l’extradition du shah, qu’ils voient comme un agent des États-Unis. Washington refuse d’obtempérer à leurs revendications.

Une prise d’otages interminable
En avril 1980, le gouvernement américain fait pression pour mettre fin à l’impasse, qui dure depuis plusieurs mois. Il rompt les relations diplomatiques avec l’Iran, impose un embargo économique et gèle les avoirs des leaders iraniens conservés aux États-Unis.

Le 24 avril, le président américain Jimmy Carter tente de libérer les otages avec un commando. L’opération de sauvetage est un échec total en raison d’une mauvaise planification. Elle met un doute sur la capacité de Carter à résoudre la crise politique.

Un nouveau président et la libération des otages
La crise des otages en Iran se déroule simultanément à la campagne présidentielle, remportée par Ronald Reagan. Le 4 novembre 1980, quelques jours après la défaite électorale de Jimmy Carter, l’administration américaine tente d’approcher Téhéran pour qu’il y ait de nouvelles négociations. Une semaine plus tard, l’ayatollah Khomeini accepte de négocier.

En raison du décès du shah, en juillet 1980, de la guerre Iran-Irak et des sanctions économiques imposées par les États-Unis, Khomeini revoit sa position. Il obtient des États-Unis 8 milliards de dollars des avoirs du shah qui étaient en sol américain. Les otages sont ensuite officiellement libérés le 20 janvier 1981, 12 minutes après le discours d’assermentation de Ronald Reagan.