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Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Aujourd'hui l'histoire, ICI Première.
Les précieux conseils de Jean-Louis Millette à un jeune André Robitaille

La vie et l'oeuvre de Jean-Louis Millette racontées par André Robitaille

Les précieux conseils de Jean-Louis Millette à un jeune André Robitaille

Publié le 17 juin 2020
Le comédien Jean-Louis Millette.
Jean-Louis Millette (1935-1999) dans le rôle de Manu Morency dans BouscottePHOTO : Radio-Canada

Générosité, minutie, polyvalence, bienveillance... En tant que comédien, André Robitaille sent qu'il doit l'apprentissage de ces valeurs à Jean-Louis Millette, qui lui a enseigné à l'École nationale de théâtre. Bien au-delà de ses études, l'interprète de Paillasson et d'Oscar Bellemare est resté pour lui une sorte de mentor à qui il a continué de demander conseil au fil des ans. André Robitaille raconte à Jacques Beauchamp que Jean-Louis Millette appréciait autant jouer En attendant Godot qu'un vaudeville au Théâtre des Variétés.

Jean-Louis Millette fait ses débuts au théâtre jeunesse, soit au sein de la troupe La Roulotte, de Paul Buissonneau. Il passe ensuite à la télévision dans le même créneau, d’abord dans La boîte à surprises, puis dans La Ribouldingue.

C’est à ce moment qu’André Robitaille le découvre et se sent attiré par le métier de comédien.

Figure imposante

Lorsque Jean-Louis Millette lui enseigne, bien des années plus tard, André Robitaille est impressionné. Ils travaillent en tête-à-tête le rôle principal des Fourberies de Scapin, et la recrue se sent intimidée dans ce rôle que Millette aurait lui-même pu jouer.

André Montmorency et Jean-Louis Millette costumés dans l'émission La Ribouldingue.

André Montmorency et Jean-Louis Millette dans La Ribouldingue (1969)

Radio-Canada

« Le but, quand on joue […], c’est d’incarner. Il incarnait. J’aime ce verbe. Il était. Ses os, ses muscles, son sang étaient le personnage. Il réussissait à y toucher, m’expliquait-il, parce qu’il travaillait. Il disait : "Il faut tra-va-iller!" Alors, ses textes étaient annotés; il travaillait tout le temps chez lui, en salle de répétition… Il n’y avait que lui pour signer, comme ça, son jeu. »

—  André Robitaille

Pédagogue chaleureux

À ses étudiants, Jean-Louis Millette raconte les épreuves de sa vie, ses voyages et ses grands rôles passés. Il révèle que les patates en chocolat de Paillasson étaient faites de styromousse sentant la colle. Il leur prête des livres.

Il leur enseigne aussi à ne pas mépriser les rôles grand public au profit des plus intellectuels. Jean-Louis Millette côtoie Gilles Latulippe un soir; joue Victor-Lévy Beaulieu le lendemain, et Samuel Beckett la même semaine.

Angoissé de ne pas trouver de travail au terme de ses études, André Robitaille demande au comédien s’il peut être stagiaire à ses côtés. Pendant des mois, il le suit lors de chaque doublage, pour chaque répétition.

Le comédien Jean-Louis Millette en 1950.

Jean-Louis Millette en répétition à Radio-Canada, en 1950

Radio-Canada

Michel Boudichon, le personnage d’André Robitaille dans 100 limites, est un peu inspiré de l’énergie de M. Millette. Lorsque l’émission humoristique prend fin et que Vazimolo se profile, il hésite et demande conseil à son mentor. Ce dernier répond : « Vas-y! Les jeunes qui vont t’aimer à ce moment-là auront un jour 30 ans et ils iront te voir au théâtre. »

L’animateur et comédien se sent heureux et choyé d’avoir pu le côtoyer, et repense fréquemment à tout ce qu’il a appris grâce à lui.