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L'intervention américaine en Somalie racontée par Karine Prémont

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
L'intervention américaine en Somalie racontée par Karine Prémont

L'intervention américaine en Somalie racontée par Karine Prémont

L’échec de l’intervention américaine en Somalie

Le 4 octobre 1993, à Mogadiscio, des Somaliens entourent la carcasse d'un hélicoptère de l'armée américaine.
Le 4 octobre 1993, à Mogadiscio, des Somaliens entourent la carcasse d'un hélicoptère de l'armée américaine.PHOTO : Getty Images / AFP
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 2 mars 2017

Au début des années 1990, les États-Unis ont envoyé des militaires en Somalie afin de mettre fin à une importante famine survenue dans un contexte de guerre civile. Toutefois, le 4 octobre 1993, une offensive américaine dans la capitale somalienne, Mogadiscio, a entraîné la mort de 18 soldats et a fait 75 blessés. La politologue Karine Prémont raconte la déroute des Américains en Somalie.

Guerre civile et famine
Pendant la guerre froide, les Américains soutiennent la Somalie afin d’empêcher l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) d’y exercer son emprise. En 1991, la fin de cette aide favorise la chute du régime du général Siyaad Barre, au pouvoir depuis 1969. Par la suite, les conditions de vie des Somaliens se dégradent et le pays sombre dans la guerre civile. La Somalie est alors sous l’assaut des seigneurs de guerre qui s’affrontent pour prendre le pouvoir.

En 1991, la désorganisation de l’État, le conflit armé et une sécheresse entraînent une grande famine en Somalie. Les organisations non gouvernementales (ONG) s’activent sur place, mais les seigneurs de guerre confisquent les stocks de nourriture et détournent les convois humanitaires. Des centaines de milliers de Somaliens sont alors frappés par la famine.

Les États-Unis à la rescousse
En 1992, après la diffusion d’images troublantes à la télévision montrant la famine, les États-Unis mettent en place un pont aérien en provenance du Kenya pour distribuer 150 000 tonnes de nourriture aux Somaliens. La famine s’estompe tranquillement. Élu en novembre 1992, le président Bill Clinton encourage la création d’une mission des Nations unies pour sécuriser l’aide humanitaire en Somalie. Plus de 28 000 soldats prennent part à l’opération internationale Restaurer l’espoir afin de protéger les convois de nourriture et la population contre les seigneurs de guerre.

Les forces internationales, contrôlées à 90 % par les Américains, reprennent le contrôle du centre et du sud de la Somalie. Cela permet de signer un accord de cessez-le-feu en janvier 1993. Toutefois, en août de la même année, l’administration Clinton se lance dans une autre opération, qui a pour objectif de capturer le général Mohammed Farrah Aidid, un puissant seigneur de guerre.

La bataille de Mogadiscio
Le 4 octobre 1993, les États-Unis veulent prendre d’assaut un hôtel où Aidid pourrait se trouver, mais l’offensive tourne mal. Les forces somaliennes abattent des hélicoptères américains et les soldats se montrent impuissants devant une guérilla urbaine désorganisée.

Le 7 octobre, le président Bill Clinton annonce le retrait des troupes américaines en Somalie. Quelques mois plus tard, en mai 1994, il établit que les prochaines interventions américaines seront seulement menées pour la protection et la défense des intérêts vitaux des États-Unis.