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La crise du verglas de 1998 racontée par S.-A. Blondin

Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Le devoir d’informer au temps de la crise du verglas de 1998

La crise du verglas de 1998 racontée par S.-A. Blondin

Le devoir d’informer au temps de la crise du verglas de 1998

Des militaires marchent dans un paysage urbain bordé de glace en 1998.
Des militaires déambulent dans Westmount le jour du « vendredi noir », le 9 janvier 1998.PHOTO : La Presse canadienne / ROBERT GALBRAITH
Maxime Coutié anime Aujourd'hui l'histoire.
Aujourd'hui l'histoirePublié le 24 avril 2020

Le 9 janvier 1998, le réseau d'Hydro-Québec s'effondre sous le poids de six jours de pluie verglaçante et de grésil, privant 1,5 million de foyers québécois d'électricité pour des périodes allant de quelques jours à un mois. Sophie-Andrée Blondin raconte à Jacques Beauchamp son expérience de « radio de proximité » pour les habitants de la Montérégie, particulièrement touchés, lorsque Radio-Canada a libéré une fréquence spécialement pour informer le public au sujet du verglas.

Pylônes effondrés sous le poids de la glace, le 10 janvier 1998.

Pylônes effondrés sous le poids de la glace, le 10 janvier 1998 à proximité de Saint-Bruno-de-Montarville

La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

La journée est baptisée « vendredi noir ». Une masse d’air chaud coincée entre deux masses d’air froid a provoqué trois averses de pluie verglaçante d’affilée sur le Québec et sur l’est de l’Ontario, lesquelles ont produit quelque 100 ml de précipitations en 80 heures.

Petite hécatombe dans le Grand Montréal

Les pylônes électriques et les lignes à haute tension croulent sous le poids de la glace dans la région montréalaise. La centrale hydroélectrique de Beauharnois s’arrête, et il ne reste plus que deux lignes pour alimenter la région, y compris les usines de filtration d’eau. Les réserves d’eau potable atteignent leur plus bas niveau de l’histoire. Dans les foyers, la pression est réduite. On envisage même d’aller puiser dans les piscines pour approvisionner les hôpitaux si les réserves venaient à manquer.

Dans toute la province, 600 000 sont déplacées par la crise. De ce nombre, 100 000 se prévalent des centres d’hébergement mis sur pied en catastrophe.

« Comme journaliste, une question supplémentaire se posait : est-ce qu’on diffuse tout ce qu’on a comme info? Morceau par morceau, on comprenait […] qu’il y avait possibilité d’une situation très grave. Pensez aux hôpitaux, pensez au service des incendies qui ne peuvent plus éteindre les feux… Est-ce qu’on dit tout ce qu’on a ou est-ce qu’on prend une part de responsabilité pour éviter la panique? »

— Une citation de  Sophie-Andrée Blondin
Des travailleurs tente de déloger une branche d'arbre tombée sur une voiture.

Des travailleurs tente de déloger une branche d'arbre tombée sur une voiture à Montréal, le 7 janvier 1998.

La Presse canadienne / RYAN REMIORZ

Info-verglas en continu

Radio-Canada, qui prépare la migration de sa station AM à la bande FM, utilise sa future fréquence, 95,1 FM, pour lancer Radio services Montérégie, une station consacrée spécifiquement au public de la Rive-Sud pendant que le reste de la province et du pays reviennent à la normale. Sophie-Andrée Blondin compte parmi les personnes affectées à l’animation de cette nouvelle antenne.

Outre des informations reliées à la crise, la station diffuse également des tribunes téléphoniques permettant aux gens esseulés et plongés dans le froid et le noir de parler et de poser des questions, ou même d’être mis en contact avec des ressources d’aide lorsque nécessaire. Parmi ces gens, beaucoup de travailleurs agricoles.

Sophie-Andrée Blondin se souvient avoir appris beaucoup sur la nécessité de demeurer optimiste, mais aussi de bien écouter le public durant cette période. « Pour bien parler à la radio, il faut écouter, avant », dit-elle.